Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Archives

2016-09-30T12:50:07+02:00

E comme Eveil

Publié par Marie-Laure Staudt
E comme Eveil
  • Une autre programmation

L'éveil, c'est ce pour quoi nous sommes tous programmés en naissant, pour retrouver le chemin vers la source. Nous oublions en grandissant notre mission, dans une partie de notre mémoire. Mais nous savons tous, de façon innée, que le monde doit s'éveiller, qu'il doit regarder la vérité en face pour commencer sa transmutation.

Les événements de la vie n’ont de cesse de me montrer à quel point il est inutile d'essayer de montrer ou de faire comprendre l'importance de l'éveil aux autres. Celui qui a envie de trouver la vérité, d'avancer, de faire changer le monde, a sa propre quête à poursuivre.
Il va de lui-même, un jour, s'intéresser à apprendre puis à comprendre les mécanismes de la vie. Puis il va entrer dans sa quête personnelle du bonheur pour être heureux.

  • Le réveil émotionnel

Notre cerveau accepte de changer de stratégie qu'en voyant la douleur émotionnelle se réveiller.

Notre quête commencera, quand la dose de ras le bol aura contaminé notre zone de confort. Nous tenons bon, dans une situation moyenne, tant qu'elle ne nous rend pas trop malheureux. Nous devons avoir une bonne dose de résignation injectée dans nos veines... Une capacité physique et psychologique, qui nous conditionne à supporter la même situation désagréable à répétition.
Nous avons enfuis nos émotions en nous, grâce à ce mental qui conspire contre nous, pour notre sécurité. L'âme et le corps en sont les gardiens.
Le cerveau a été très efficace lorsque enfant, nous n'arrivions pas à comprendre pourquoi maman reniait notre ressenti et pourquoi les adultes eux-mêmes, se coupaient de leur états émotionnels...

Ne pas pouvoir exprimer nos émotions, ne pas être compris et acceptés avec cette sensibilité naturelle, à été violent à vivre. Comment agir d'une manière juste sans les émotions ? Comment détecter le danger sans ces précieux gardes du corps? Nous avons coupé la liaison avec nos alarmes internes dès la petite enfance pour nous préserver face à la dureté du monde.
Privés de ces alertes naturelles, l'intelligence de notre cerveau a pris le relais. Celui-ci a le don d’inventer des stratagèmes efficaces, capables de paralyser les nouvelles émotions qui pourraient naître, en les cristallisant immédiatement dans notre corps.
Il nous a orienté à jouer différents rôles pour éviter de nous retrouver confrontés aux mêmes blessures émotionnelles qui nous ont ébranlés jadis. Nous avons tournés alors notre regard vers l'extérieur. Ainsi nous ressentons moins à l’intérieur de notre corps ces états émotions parfois effrayants que personne ne nous expliquait quand nous avions deux, trois ou quatre ans...
Depuis, nous avons appris à jouer la comédie, la grande tragédie de notre vie, l'incroyable histoire de notre réussite ou la merveilleuse épopée du super héros.
Nous avons trouvé des tactiques pour désamorcer temporairement ces bombes émotionnelles à retardement... Le mental est doté d'une intelligence sans pareil pour nous détourner de notre ressenti ad vitam aeternam.
Maman était toujours triste et insatisfaite? Et bien nous étions tantôt un vrai clown pour la divertir, tantôt très gentils pour la voir heureuse. Surtout, il fallait trouver le moyen de ne pas être bouleversé par notre ressenti. Nous nous sommes mis dans la peau d'un autre... Nous avons copié tant bien que mal le comportement de certains adultes, à notre façon, avec nos petites années d'expérience, avec notre nature singulière.
Papa était souvent en colère et préoccupé? Nous étions le meilleur élève de notre section pour qu'il soit fier de nous et plus calme à la maison... Nous étions capables de suivre sa carrière par résignation, pour lui donner une raison d'être content dans sa vie.
Ces stratégies sont candides et débranchés du cœur pour rester dans une certaine insensibilité, surtout au manque d'amour... Nous risquerions de mourir en sentant tant de haine et en voyant tant d'horreurs dans ce monde... Le mental nous coupe de la conscience pour un temps. Jusqu’au moment où nous serons assez costauds pour regarder en face la vérité du monde.
Ces parades que nous avons finalement adoptées, font que nous arrivons tant bien que mal à voguer au milieu de la tempête pendant plusieurs décennies... Nous connaissons par cœur notre place sur le pont. Le but pour bien naviguer sans trop risquer de chavirer, est de voguer sur les mêmes mers, aux abords de rivages familiers. Nous allons par réflexes nous mettre en cale sèches aux mêmes ports et nous amarrer à la même bite d'amarrage, histoire de ne pas être pris au dépourvu et de savoir mener notre barque. Nous saurons gérer, nous sommes en territoire conquis. C'est un jeu d'enfant...
Le cerveau peut longtemps utiliser ces techniques de contrôle des émotions, dénichées dans notre enfance. En fait, il peut les répéter à l'infini jusqu'à notre dernier souffle... Sans que nous en soyons conscients. Nous avons abandonné les manettes de notre vie à notre mental... C'est lui le patron, le capitaine du navire, le maître à bord... Il en oublie le reste de l'équipage à terre. Tant qu'il ne mesure pas le poids de notre souffrance d'adulte, tant qu'il ne constate pas que ses moyens de défense ne cachent plus nos peurs, notre peine ou notre désappointement d'enfant, il ne baisse pas la garde. Il ne nous aide pas à sortir de nos zones de confort, qui deviennent malgré tout de plus en plus étroites et nous enserrent petit à petit jusqu'au jour où nous risquons de voir s'écrouler les falaises sur nous, d'éventrer notre paquebot sur les rochers... Continuer ainsi devient dangereux.
L'âme vient à la rescousse quand le SOS est lancé (save our saoul) par le corps. Et c'est alors que tous les trois nous poussent à l'éveil...

  • Le point de départ de ma quête

Avant je vivais ma vie. Je n'étais pas complètement heureuse. Je changeais souvent de métier, de partenaires, de maison. Je tournais en rond tout en courant inlassablement pour boucler mon agenda qui débordait de tâches. Je passais par des grandes phases de déprime. Avec le recul je peux le dire et le reconnaitre maintenant.
Pourtant j'étais une fille d'apparence joviale et conviviale.
J'étais en permanence dans une envie d'être mieux mais tiraillée par l'insatisfaction qui recouvrait mon désir de bonheur. Je m'habituais avec les années à stagner dans un état moyen. "Je faisais avec" comme on dit. Je me croyais même plus heureuse que la moyenne. Jusqu'au jour où j'étais trop malheureuse.... Alors je quittais tout, compagnon de vie, statut social, travail, employeur... Et je changeais de vie, nouveau cadre, nouveaux visages...
Je n'étais toujours pas en quête. J'en avais eu juste marre... Il fallait que cela cesse. Mais c'était un éternel recommencement.

Et une amie est venue me chercher pour partager sa quête: Entrer sur son chemin spirituel. Avec mon insouciance de l'époque, j'ai sauté le pas. Et là, ont été les pires années de ma vie. J'ai appris beaucoup, mais a coup de pelles et de pioches. La spiritualité new âge gouroutisante et annihilante. Mon corps et mon âme hurlaient puis pleuraient à l'intérieur de moi. Le réveil était imminent.
C'était tellement violent que j'ai du me couper de ces personnes définitivement. Jusque là, je gardais des liens d'amour. Là, ma survie morale et physique en dépendait. J'étais devenue un zombie.

Un jour, j'en ai eu marre d'en avoir marre. Et je n'ai pas simplement dit stop à la situation, j'ai dit stop à ce complot intérieur qui visait à me faire accepter l'inacceptable. J'ai dit NON à mon ego.

Ma vie n'a plu été pareil ensuite. Fini l'insouciance. J'ai commencé à me poser des questions sur moi apres avoir passé tant de temps à m'en poser sur le monde et sur les autres... Il était grand temps de tourner mon regard vers moi. Il m'a fallu 10 années pour retrouver mon centre et devenir enfin auto-référente. 10 ans encore en allant chercher la vérité à droite et à gauche sans avoir confiance dans ma petite voix... Sans écouter d'abord mon cœur... Qu'elle est compliquée à lire cette carte au trésor... Elle a été réduite en pièce... et c'est vrai qu'il faut retrouver les pièces manquantes pour recoller les morceaux pour arriver enfin à trouver sa route. Il faut oser aller récupérer les pièces du puzzle parfois tombés dans les mains de l'ennemi... Il faut parfois apprendre sa langue, ses habitudes... Et nous l'avons fait dès l'enfance, en oubliant que ce n'était que momentanée... Nous avons oublié le plan...

  • L'heure de son éveil

Le chemin est rude pour se souvenir de notre mission... Le corps en a la clé.

C'est une erreur de vouloir accompagner quelqu’un dans son éveil. C’est manquer de discernement. C’est échapper à ses devoirs, c’est manquer à ses responsabilités. Nous allons le conduire sur notre chemin d’ego qui va l'éloigner du sien. Nous avons tous notre propre quête à mener. C'est aussi inutile que de montrer le saint graal à un incroyant.

Ma mère avant de mourir, m'a amenée sur ma route. Les mourants nous apprennent beaucoup sur nous. Ils ont la vérité en eux, aux portes de la mort. J'ai accompagné 4 personnes dans la mort. Ces êtres m'ont fait grandir par leur silence, leur non attente, leur simplicité, leur vérité. Ils ont été mes exemples. J'ai trouvé la force de me retrouver seule avec ma vérité. Leur exemple à chaque fois, m'a permis d'avoir le courage de regarder ma vérité en face.
J'ai pu dans la paix aller vers cette découverte de moi, avec la confiance innée de ces personnes, un non jugement sur moi et sur ce qui j'étais à ce moment là.

Et si l'éveil c'était accompagner l'autre à accepter de regarder sa vérité en étant simplement avec amour et bienveillance dans la nôtre? Si l'éveil, c'était le courage de réunifier ces forces, de se rassembler, d'aligner le corps, le mental et l'âme?

Je suis le changement que je souhaite dans le monde... Et dès lors mon univers s'éveille à la vie...

Vous avez aimé ce texte et bien partagez le sur vos Facebook 
et/ou par mail... 

Le piratage de mes sites a coupé le lien avec mes abonnés... 
Retissons la toile de l'entraide
Partageons à nouveau nos états d'âme ensemble... 
Passons le relais d'amour autour de nous...
Retrouver 102 mots du quotidien pour travailler sur vous 
et vous aider à une introspection  :
"L'abécédaire de l'accompagnement de l'Etre"  de 304 pages
Je vous 💗

Pour le commander, c'est ICI

E comme Eveil

Voir les commentaires

2016-09-25T20:00:44+02:00

Slasheuse / Passionaute

Publié par Marie-Lore
Slasheuse / Passionaute

Lundi 27 septembre à midi un court passage sur LCI sur mes activités professionnelles...

En attendant, voici une petite vidéo courte à écouter pour bien comprendre ma démarche professionnelle et mon investissements dans mon travail... Et surtout pour suivre le lien entre mes différentes activités...

C'est pas mal d'avoir plusieurs cordes à son arc, on ne se lasse jamais, on peut réactualiser son travail et expérimenter de nouvelles voies facilement... On peut surtout faire le switch un jour vers une activité libérale qui nous plait vraiment, le statut d'auto-entrepreneur permet cela...

Aujourd'hui, nous osons faire de notre passion notre métier... je me réjouis...

Voir les commentaires

2016-09-20T21:46:54+02:00

E comme Emotions

Publié par Marie-Lore
E comme Emotions

Les émotions sont les meilleures alertes naturelles pour vivre en sécurité dans notre milieu. Elles sont différentes des sentiments. Nous avons du mal à les distinguer, nous amalgamons souvent les deux et les utilisons à mauvais escient pour parler de nos états intérieurs.

Votre plus grand soucis en rendez-vous est de savoir comment gérer vos émotions. Un petit éclairage ne nuirait point.

L'émotion est le langage du corps. À travers des manifestations physiques, elle est l'expression de notre instinct de survie. Elle est surtout le lien avec le monde invisible.

L'émotion est un ressenti intérieur de peur, de colère, de tristesse ou de joie suivi dans la foulée d'une décharge émotionnelle comme les rires, les pleurs, les sueurs, le hoquet, les frissons....

Quand nous sommes reliés à notre corps, elles ne peuvent pas passer inaperçues. Souvent enfants, nous nous en sommes coupés. Avec le temps, les événements à répétition et les émotions des autres, appuient et réveillent nos propres émotions enfouies. Nous voudrions les éviter car elles nous bousculent et nous ne savons pas, ou peu, les gérer.

Elles sont pourtant nécessaires pour nous aider à guider notre vie à travers notre ressenti. C'est pourquoi il est important de retrouver cette expression naturelle du corps. Les émotions sont les premières alarmes de ce que nous ne voyons pas venir avec nos yeux. Elles nous protègent en nous faisant ressentir immédiatement le danger. Elles mettent l'accent sur ce qui se trame dans l'invisible pour que nous prenions le temps d'observer les situations, de décrypter le comportement des personnes qui les ont provoquées.

Quand nous sommes reliés à notre corps, ces ressentis physiques ne peuvent rester sous silence. Ils nous déstabilisent pour que pour nous agissions immédiatement afin de retrouver notre équilibre. Ce déséquilibre énergétique, quand nous le ressentons, nous empêche de continuer à vivre notre vie comme s'il ne s'était rien passé, en restant prisonniers de l'événement. Notre repositionnement devient une évidence. Forts de ce ressenti, nous pouvons ainsi nous positionner en conscience sans être bousculés longtemps. En déchargeant émotionnellement, nous ne gardons aucune séquelle physique et ne conservons par la suite aucun sentiment désagréable suite à l'événement.

Malheureusement, il n'est pas toujours aisé de vivre nos émotions dans une société qui balise notre vie et nous laisse peu de marge d'action. Notre éducation vise à faire taire ces manifestations du corps qui ne sont jamais bien vues par la société. Nous avons soufferts, enfants, de ne pas les vivre pleinement ou de ne pas les décharger... Nos éducateurs nous ont très tôt demandé de stopper nos pleurs, nos éclats de rire pour entrer dans la normalité. Très peu sont les adultes qui vivent leurs émotions au quotidien. Nous ne pleurons plus, frissonnons à peine, et ne rions plus à pleines dents. Nos émotions ont été castrées par des phrases assassines:

« Arête de pleurer, tu es un grand garçon. Tu rigoles trop fort, ce n'est pas bien. Tu as encore trempé ton pyjama! »

Sans nous en rendre compte, nous avons eu le réflexe, dès la petite enfance, de nous couper du corps en réprimant nos émotions pour moins vivre le stress qu'elles généraient. Le résultat est que nous nous sommes coupés inconsciemment d'une grande partie de notre corps.

Nous avons développé un mental spectaculaire qui s'empare de nos émotions et les dévie du corps pour ne plus nous bousculer. Le mental fabrique alors des sentiments qui leur ressemblent à s'y méprendre, exceptés qu'ils ne se vivent que dans la tête. Nous inventons des mélodrames incroyables, traînons des rancœurs à n'en plus finir et pouvons nous noyer à l'infini dans la mélancolie ou l'insatisfaction.

Ces sentiments occupent notre tête et nous enferment dans de longues réflexions stériles qui nous bloquent dans nos actions. Nous sommes comme kidnappés par notre mental qui réfléchit indéfiniment sur les causes extérieures de ces sentiments.

Il n'y a plus d'introspection. Il n'y a que des accusations et des attentes de réparation. Nous ne ressentons plus et ne déchargeons plus nos émotions. Nous restons dans des ratiocinations sans fin. Ces sentiments nous maintiennent dans un état de victime, de bourreau ou de sauveur. Nous développons petit à petit un mal être. Nous n'agissons plus, nous réagissons.

Les émotions sont fulgurantes et bousculantes dans l'instant présent. Elles pèsent sur notre cœur quand elles ne sont pas déchargées tout de suite. Elles nous aident à nous positionner pour retrouver notre équilibre.

Les sentiments se fabriquent dans la tête à partir de nos émotions et peuvent y rester une éternité. Nous sommes débranchés du corps et donc du cœur. Les sentiments ne nous donnent aucune direction ou indication pour aller mieux. Ils nous déresponsabilisent en mettant l'accent sur les causes extérieures. Ils nous laissent dans la passivité et la non-action. Nourrir des sentiments nous maintient dans un mal-être et nous coupe de notre épanouissement.

Retrouver ses émotions nous conduit vers notre responsabilité et vers une ouverture du cœur. Elles nous font nous sentir maîtres de notre vie. Le mental se met alors au service de notre âme en accord avec le corps. Nous sommes alignés âme, mental et corps. Et là, plus personne ou plus rien ne peut nous déstabiliser. Nous guérissons petit à petit nos blessures d'enfant, nous pardonnons. Nous pouvons entrer dans notre épanouissement en étant émerveillés de la vie.

En retrouvant nos émotions, nous retrouvons le lien à notre joie de vivre, à notre libre arbitre et à l'amour inconditionnel. Nous vivons branchés sur le cœur, les yeux grands ouverts sur le monde. Nous pouvons aimer et être aimé librement. Nous tenons en main les rennes de notre destinée.

L'abécédaire de l'accompagnement de l'Etre par Marie-Laure Staudt

304 pages
E comme Emotions

Voir les commentaires

2016-09-13T16:21:09+02:00

Le message du coeur

Publié par Marie-Lreau
Le message du coeur
"Quand nous n'exprimons pas avec le cœur 

ce que nous avons sur le cœur, 

à ceux que nous aimons, 

(inconsciemment) ce n'est que pour provoquer chez eux une réaction, 

en espérant que finalement  

ils vont nous donner en réponse une preuve d'amour 

et nous rassurer sur nos inquiétudes..."

Voila le message que j'entends ces derniers jours, je me suis dis qu'il était bon de le partager avec vous, cher lecteur... En attendant que je boucle les impératifs de cette rentrée 2016 haut en couleur et que je reprenne du service sur mes sites...

Alors arrêtons de nous faire des nœuds dans la tête et branchons nous à notre cœur pour exprimer ce que nous avons à dire et ce que nous ressentons...ça marche toujours mieux et les relations ne sont que plus profondes et harmonieuses...

Un gros training en perspective pour bon nombre d'entre nous un peu trop bulldozer ;o)

Voir les commentaires

2016-09-01T10:11:36+02:00

E comme Ego

Publié par Marie-Lore
E comme Ego

La fragilité, une faiblesse

Notre éducation nous a enseignés à être forts. La fragilité, l’hypersensibilité, le ressenti sont des faiblesses aux yeux du monde. Nous sommes élevés à réprimer nos émotions. Petits, on nous impose vite de les ignorer, de les zapper. Alors le cerveau, en grand guerrier pacifiste, arrive pour nous sauver. Il nous aide à trouver des mécanismes de défense adaptés à notre caractère, à nos points forts, à nos défaillances, pour que nous arrêtions de ressentir et de subir aussi fortement nos émotions. Nous allons pouvoir devenir “normaux”, comme tout le monde, et ne plus nous sentir observés par cette autorité à qui nous devons tout. Ces grands qui nous surveillent et qui nous jugent. Ces mêmes adultes qui sont sensés nous aider à devenir matures et forts en grandissant.

Le contrôle des émotions semble être la base de l’éducation

Notre cerveau fait entendre sa voix pour couvrir notre petite voix intérieure. Il met un contrôle sur nos émotions en les bloquant pour ne pas qu’elles puissent faire de vagues à l’extérieur… Il ne faut pas déranger les grands. Il faut les écouter, ces adultes qui ont autorité sur nous. De toute manière, nous n’avons pas vraiment le choix, petits. La conscience éveillée n’est malheureusement pas la qualité première des parents.

De quelles manières notre cerveau s’y prend-il pour exercer son contrôle ?

Nous utilisons une ou plusieurs parades pour être sûrs de devenir des amnésiques des émotions, des handicapés du ressenti, des parfaits automates respectables, des modèles pour la société, moulés à la perfection. Plus d’émotions, uniquement de la raison… Et le cerveau devient roi et s’empare de tous les pouvoirs. Il crée des dizaines de réactions qui deviennent des fonctionnements mécaniques. Notre ego se bâtit ainsi. Chacune est adaptée à un certain type de situation. Chaque situation qui se répètera, stimulera toujours la même réaction chez nous. Le cerveau est très fort pour rebondir, imaginer, fabriquer des mécanismes cousus sur mesure, qui nous vont comme un gant… Parfois c’est même de la haute couture, le meilleur couturier de l’Univers… Il finit par contrôler tout à chaque instant, à notre insu. Il a fabriqué un beau garde du corps, l’ego bien musclé et puissant qui ne se laissera pas démasquer par les autres, pour rien au monde. L’ego est maître de notre vie… Enfin pour un temps, tant que nous ne souffrons plus…

La mise en place de parades

Ces parades correspondent à ce que certains, en développement personnel, appellent les masques de l’ego. Cette personnalité, que nous sculptons et modelons autour de notre être, nous protège du monde extérieur. Elle possède une multitude de visages destinés à jouer des rôles différents et à convenir au mieux à ce que la société, la famille, attendent de nous. Et ce depuis que nous avons commencé à marcher et à parler. En fait, notre cerveau est un excellent garde du corps.

Ainsi peut-il se glisser dans différents rôles : la moquerie, l’arrogance, l’humiliation, la dépendance, l’autodérision, l’exigence, la souffrance physique, la fuite, la fermeture, l’intelligence surdéveloppée, la mélancolie, les faux semblants, le déni, l’oubli, la colère, le lissage, la justification, la bouderie, la sur-gentillesse…

Toutes ces manifestations sont des constructions du mental qui forge notre ego. Cet ego dont on parle tant et que nous finissons nous-mêmes par prendre pour nous. “C’est la vie, je suis comme cela. On ne change pas sa nature !” me disent certains…

Les zones de sécurité mises en place

L’ego pare à l’inconnu, aux attaques, aux insécurités, aux peurs… Il a développé des schémas en réponse à tout ce que nous vivons et qu’il va répéter à l’infini face aux mêmes situations. Comme il se sent en sécurité dans des scénarios qu’il maîtrise, il va inconsciemment se mouvoir dans un cercle identique à celui de son enfance, qui devient sa zone de sécurité. Il y trouvera toujours son équilibre. Il connaît par cœur les parades à utiliser pour se défendre d’agressions toujours similaires. Sans s’en rendre compte, il grandit en conservant le plus possible ce monde qu’il contrôle. Il attirera à lui un cercle d’amis identiques, de conjoints qui se ressemblent, d’histoires qu’il connaît par cœur. C’est facile à gérer et ces déstabilisations ne durent jamais longtemps. Il finit par lancer automatiquement un schéma mental qui le rassurera et le confortera dans ses pensées et dans sa vision de la vie. L’important est qu’il sorte vainqueur de chaque situation qui l’affaiblit et pourrait le montrer fragile.

Observez votre vie, votre passé et regardez le nombre de répétitions de situations que vous avez vécu.

Le hic est que ce personnage fabriqué de toutes pièces n’est pas forcément à sa juste place. L’ego joue le rôle qu’on attend de lui et qui va le faire vivre en paix avec son entourage. Il a choisi ses études en fonction des attentes de ses parents, le métier pour rassurer sa femme, le comportement adapté à son réseau social pour se faire aimer. Nous finissons par croire que nous sommes notre ego.

Nous sommes des imposteurs

Alors, c’est vrai, la quête qui doit nous conduire à nous-mêmes est difficile tant que nous ne rendons pas compte que nous sommes enfermés dans cette camisole bien particulière. Nous sommes des imposteurs. Si nous n’acceptons pas de remettre en question ce que nous sommes devenus, si nous croyons que cette personnalité d’aujourd’hui est notre être à part entière, si nous ne reconnaissons pas que nous souffrons, enfermés dans ce décor de théâtre au milieu d’autres acteurs, nous aurons du mal à aller vers nous-mêmes et à être heureux.

Ce costume sur mesure nous protégeait à l’époque comme une armure, certes, mais aujourd’hui, tant que nous continuons à le vêtir chaque matin, nous perpétuons notre état infantile. Nous réagissons face aux situations de la vie de la même manière que lorsque nous étions enfant. Quelque chose ne nous plaît pas, nous boudons, faisons le clown, nous enfermons dans le silence, restons de marbre ou bien nous faisons comme si tout allait bien.

Autant de réactions que nous connaissons bien, qui semblent régler une situation sur l’instant mais nous engourdissent dans le mal-être… Ces réactions spontanées font que notre mental agit sur nos émotions pour nous en couper aussitôt et nous empêcher de les

ressentir. Il tourne en boucle les fausses raisons de ce malaise afin de s’en extirper, mais en fait se noie dedans indéfiniment… Il nous anesthésie avec ses pensées incessantes pour nous permettre de moins souffrir, mais les chocs émotionnels, eux, sont bien là. Le corps les encaisse. Nous ne déchargeons plus ces charges émotionnelles continues : plus de larmes, plus de tristesse, parce que nous sommes forts. Pas de cri, pas d’émotions, nous maîtrisons. Et la vie repart.

Nous ne pouvons plus vivre l’instant présent

Dans ces instants de mobilisation extrême de notre cerveau par une multitude de pensées, grâce à ce brouhaha intérieur, nous sommes en dehors du présent. Nous nous extirpons de l’instant présent pour ne plus ressentir. Nous faisons appel à notre mémoire pour trouver la parade qui va nous couper de notre état physique. Tout se passe en une fraction de seconde, l’ego, le cerveau est l’ordinateur le plus sophistiqué du monde. Nous allions nous sentir mal, en un éclair nous sommes dans nos têtes, coupés de la réalité de l’instant. Et nous voguons entre notre passé qui se répète et notre futur que nous espérons joyeux…

Alors de temps en temps, nous nous disons :

“Et si nous allions consulter un voyant ou un astrologue pour nous rassurer, pour entendre un joli conte, histoire de nous endormir un peu ?”

Acteur ou créateur ?

Et si nous faisions tomber les masques afin de retrouver nos sensations, de nous sentir vivants, de réaliser nos rêves, afin d’être créateurs et, plus simplement, acteurs ?

Et si nous enlevions le maquillage pour revenir à une vie plus naturelle, plus fraîche, plus authentique ?

Alors, un ego pour toujours ?

Nous finissons par croire à notre ego jusqu’au jour où notre être souffre beaucoup trop de la trahison, de la colère, de la mauvaise foi, du déni, du manque d’amour, d’une mauvaise santé, d’une fatigue physique, d’un harcèlement moral, du mensonge, de la dureté, du côté morbide des autres ou de soi-même. C’est quand nous nous sentons mourir que nous avons envie de vivre. C’est là que nous sommes prêts nous-mêmes à démasquer notre ego.

Comment se débarrasser de l’ego ?

Il faut donc sacrément pousser loin le bouchon si l’on veut renaître à la vie et se rendre compte de la place qu’a prise, dans notre vie, cette fabrication mentale. Notre ego dirige tout et se sent très fort. Il nous a enfermés lentement dans un uniforme. Nous finissons par nous sentir à l’étroit dans ces habits trop petits. Nous sommes de plus en plus mal à l’aise.

Lorsque nos parades ne nous rendent plus si heureux que ça, nous décidons enfin de faire taire la voix de la raison. C’est quand notre zone de sécurité devient trop inconfortable que nous devons ouvrir les yeux pour ne plus souffrir à nouveau… C’est le ras-le-bol du ras- le-bol qui nous fait bouger enfin !

Petits, nous n’étions pas capables d’être responsables de nous- mêmes à 100%. Alors, face au manque d’écoute et de conscience des grands, face à leur injustice, leur abandon ou leur rejet ou autres comportements qui ont suscités chez nous des émotions négatives, nous avons installé ces parades. Mais c’étaient des réactions enfantines.

Adultes, nous entreprenons un travail sur nous parce que nous avons envie d’être plus épanouis et que nous aimerions trouver notre place.

Ce travail nous aide à nous regarder faire et à voir ô combien nous sommes formatés à fonctionner de la même façon face aux mêmes situations. Nous comprenons alors à quel point ces parades ne sont pas adaptées à notre état d’adulte. Elles se sont transformées en armure autour de notre être intérieur.

Jadis, elles nous ont protégés des grands mais, aujourd’hui, elles mettent un barrage entre nous et les autres. Et parfois même elles ont construit un mur devant notre espace intérieur. Nous avons perdu le contact avec notre être intérieur, avec nos désirs, notre créativité. Nous nous sentons de plus en plus serrés et ridicules dans nos habits de parade. Il est temps de ranger la malle à déguisement de notre enfance.

Il est venu le moment de chercher les actions adéquates et adultes face à ce présent qui se déroule sous nos yeux et non à réagir d’une manière infantile en boudant, en fuyant ou en se sentant abandonnés parce que nous laissons notre esprit cataloguer cet évènement dans la rubrique du “déjà vécu”…

Et là, seulement, quand, avec amour, nous rangeons ces masques et choisissons l’attitude d’adulte qui nous rend heureux, nous effeuillons petit à petit cet ego qui s’est substitué à notre être. Nous devenons nous-mêmes, cet être parfait qui vit au fond de nous et qui n’a plus besoin de plaire aux autres ni d’être aimé par une autre personne que nous-mêmes.

Merci l’ego

En attendant de le démanteler, remercions notre ego. Il nous sauve de petites morts au quotidien jusqu’à ce que nous décidions de vivre en nous réparant nous-mêmes, en choisissant un comportement d’adulte et non d’enfant… Parce qu’au fond, l’être humain est fait pour être dans sa vérité, pour se respecter, être heureux et branché sur le cœur. Et là, il aime nager dans l’amour. ♥

E comme Ego page 123

"L'Abécédaire de l'accompagnement de l'Etre" par Marie-Laure Staudt
E comme Ego

Voir les commentaires

Girl Gift Template by Ipietoon - Hébergé par Overblog