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2011-05-18T11:37:00+02:00

B comme BLESSURE d'enfant

Publié par Marie-Lore

 

des-news....gifJ'ai compris grâce à vous que chaque état négatif que je vivais était une répétition de ce que j’avais vécu enfant, en souffrance. Mon impuissance d’enfant face aux grands et à leurs comportements, m’a souvent mise face à des situations d’injustice, de négligence, de mauvaise foi, de mauvaise volonté, d’insatisfaction, de trahison, de déni...

J’ai compris que face à mon impuissance d'enfant, j’avais préféré me couper de mon ressenti pour ne pas souffrir.

Nous faisons tous ça, c’est humain. Nous ne sommes pas programmés pour souffrir mais pour être heureux. Alors quand une émotion négative monte en nous, quand nous pensons qu’elle est ingérable pour nous (surtout en tant qu’enfant), on coupe les transmissions qui nous font ressentir la douleur ou tout autre sentiment désagréable. Nous vivons alors comme des robots et pouvons supporter l’insupportable dans notre quotidien: ljugement, la méchanceté, la dureté, la violence, le manque d’amour… Enfants, nous avons mis en place des parades (à notre niveau) pour nous protéger de notre entourage (bouderie, humour, cynisme, provocation, enfermement, soumission, absence, oubli, sur-intelligence, dévotion, abnégation, oubli de soi…)

En grandissant, la vie a mis devant moi le même genre de situation et de personnes. Je ne suis pas faite pour être malheureuse. J’ai compris que ces situations étaient des sortes de trainings pour que je m’y confronte et que j’adopte un nouveau comportement, d’adolescent à 15 ans, de jeune femme à 25 ans et de femme, depuis mes 35 ans. Enfant, je n’avais que peu de choix à ma disposition et peu de moyens pour me défendre. Adulte, j’ai tout ce que je souhaite à ma disposition : la légitimité de mon âge et de mon expérience, la justice, la force physique, des professionnels de l’accompagnement, des médecins à qui je peux demander de l’aide… Je peux choisir de nouveaux comportements plus adéquats.

J’ai mis quelques dizaines d’années à le comprendre. J’avais pris des habitudes. Ces comportements infantiles me protégeaient jusqu’alors, me mettaient dans une zone de sécurité. Enfant, c’est vrai, ces postures que j’avais choisies (inconsciemment parce que je ne m’en souviens plus, j’en ai juste fait le constat en grandissant) étaient les mieux appropriées vis-à-vis de mon entourage et de mon caractère. Ma sœur pour les mêmes blessures avait mis en place, d’autres comportements de protection.

Cette zone de sécurité que je mets systématiquement en place depuis l’enfance face aux situations similaires, m’a protégée. Je l’admets, elle était utile. Pourtant cette dernière décennie, je me suis rendue compte qu’elle ne me protégeait plus assez longtemps. Sur le moment, mes réactions (pour moi la dureté est la première de mes protection, je bâtis un mur infranchissable entre l’autre est moi) m’amenait une protection, mais plus tard, j’ai commencé à souffrir d’être dure avec les autres. Cette dureté que j’imposais pour me protéger à fini par me faire du mal quand je me suis ouverte petit à petit (grâce au travail sur le corps que je fais intensément depuis 10 ans). Je ressens la peine des gens qui m’entourent de se sentir attaqués, repoussés. Je les mettais eux aussi face à leurs blessures d’enfant, forcément par mon comportement et je devenais leur training. Ce n’était pas mon envie, ni mon désir conscient. J’ai compris en tant qu’accompagnante que je devais être consciente de l’impact de mon comportement sur les autres.

J’ai compris dans ma vie de tous les jours, que mes réactions n’étaient plus adaptées aux situations du présent. Elles étaient amplifiées par la mémoire des anciennes situations similaires que j’avais vécues depuis mon enfance. La superposition des mêmes étapes a appuyé tellement fort sur mes blessures d’enfant, que ma carapace (qui se ramollissait), est devenu sensible. Avec ma sensibilité qui s’accentuait, les coups que je donnais, je finissais par les sentir aussi.

Je souffrais et je faisais souffrir les autres inconsciemment, sans le vouloir, sans le faire exprès, juste pour me protéger.

J’ai compris que ces postures de défense étaient des attitudes infantiles qui ne me rendaient plus autant service et qui n’étaient plus du tout au niveau de mon évolution actuelle. J’ai compris qu’il était temps que je trouve des attitudes d’adulte pour parer aux situations du présent. Pas toujours facile parce que je suis obligé de sortir de ma zone de sécurité et d’aller vers l’inconnu… J’ai confiance en moi aujourd’hui dans ma sincérité à trouver le meilleur comportement pour moi et les autres.

J’ai le choix aujourd’hui de me défendre, de dire NON, de dire simplement en douceur que je ne suis pas d’accord avec ce qu’il se passe. J’ai ce droit et cette légitimité. Je me sens la responsabilité d’assumer mes valeurs, d’être intègre quoi qu’il se passe. Assumer, d’être adulte, prendre ma place au milieu des autres pour être heureuse, ne m’oblige pas à me battre. Cela me demande juste d’exister selon ce que je suis aujourd’hui et ce que j’ai envie d’être. Je n’ai pas besoin de faire souffrir les autres pour exister, je n’ai pas besoin de me soumettre à l’autre pour qu’il existe.

J'ai compris que pour grandir, il me fallait choisir d'être adulte et de vivre ce que j’avais envie de vivre. J'ai compris qu’être heureuse, c’était prendre ma place au milieu des autres, c'était vivre au présent, c’était agir et non réagir. 

J'ai compris qu’être dans un sentiment négatif c'était vivre au passé, c'était ne pas se sentir vivant. J’ai compris qu’on avait le choix de vivre des émotions positives en choisissant le meilleur comportement pour cela et que cela ne dépendait que de nous.

J'ai choisi de dire "Je" dans ce texte. C'est la meilleure compréhension que j'ai eu dans ma vie.

Je vous demande de me pardonner cher blogueur, cher lecteur, si j'ai appuyé inconsciemment sur vos blessures d'enfant à travers mes écrits ou mon comportement.

Je suis heureuse d'avoir commencé cet abécédaire il y a 4 ans maintenant. Ce partage me nourrit en profondeur. Je suis heureuse d'être un messager. J'en suis la première bénéficiaire :o). (Bientôt, je n'aurais plus besoin de faire des fautes d’orthographe).

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commentaires

Florence 21/05/2011 17:54



Merci pour ce magnifique texte marie-Lore; Merci de partager ton vécu et tes dépassements avec autant d'authenticité et de franchise. Tu expliques ce qui arrive à partir de ton expérience et
tu partages ta manière d'évoluer. C'est génial, merci de me faire avancer moi aussi. Je t'embrasse bien fort. 



Gaelle 21/05/2011 14:16



Ton message est vraiment très beau et et très important. En ce moment, je me vois faire faire: m'enfermer dans le silence, la dureté, le cynisme... Puis, aller me reposer pour en sortir, pour
pouvoir communiquer du mieux que je peux. Mais, je dois reconnaitre que je "pétoche grave" ! C'est toute une ré éducation à faire ! Ce qui m'aide le plus en ce moment: le repos et la joie. Merci
à toi et Gros Bisous.



Annabelle 20/05/2011 13:14



Je ne commente jamais. Ce texte me touche beaucoup. Il est difficile à intégrer pour moi parcequ'il est très dense, mais je sais que ma vérité est dedans.


Merci à toi Marie-Lore



Hadda Djeribi-Benkobi 19/05/2011 19:51



Mes blessures d'enfant m'ont sauté un jour à la figure, j'étais persuadé d'avoir su gérer et finalement non, je n'avais mis que des masques qui m'avaient permis de survivre jusque là mais qui
avec le temps m'avait conduit à vivre à distance des autres et de moi même.


Grâce à toi et à toutes les personnes qui m'accompagnent je sens la sérénité qui m'envahit à chaque fois qu'au lieu de réagir sur la base de mes blessures, je crée ce que j'ai envie de vivre.
Parfois c'est un peu inch allah parce que la dureté, la colère font partie du lot et que je suis également un sacré révélateur de blessures.


Le chemin peut paraitre long et contraignant, les blessures nombreuses mais à chaque fois que j'ose j'y gagne.


 


Je suis souvent effarée parce ce que l'ont fait subir aux enfants, une tape pour interdire, une menace pour faire tenir tranquille, des silences imposées pour ne pas déranger autrui, des choses
qu'ils ne vient en général à l'idée de personnes d'imposer à un adulte, comme si un enfant n'était rien et devait "subir" et se taire. Des violences il y en a de toutes sortes.


 



Tristan Balguerie 19/05/2011 14:00



J'adore ton texte et j'adore particulièrement ta dernière phrase. Il y a dedans un résumé condensé de tout ce que tu as écrit. Quelque fois, même souvent, les accompagnants qui écrivent, restent
dans un aspect théorique de leur expérience. Leur vie les amène à toucher de près des problèmes, à les voir, les identifier, les comprendre, et ils élaborent des outils d'accompagnement pour
restituer ce qu'ils ont compris du problème à partir de solutions qu'ils ont peu ou pas expérimenter sur même, mais expérimentent sur les autres, prenant leur client pour des rats de
laboratoire. 


Dans ta dernière phrase, il y a le condensé de ta démarche, de ton engagement, de ta volonté de faire l'expérience de ne pas rester au stade de la compréhension du problème et de la solution. Il
y a le dépassement avec ce qu'il a de génial dans le résultat et de doulopureux dans l'exercice. Putain c'est pas facile d'être meilleur de jour en jour. C'est réjouissant quand on commence à
jouir du résultat, mais que d'éfforts cela demande ! 


Parce que, la vache, que c'est dur d'écrire correctement cette langue tarabiscotée. Vive le japonais phonétique! Un son, un phonème. Le français c'est la galère. C'est un sacré effort de l'écrire
et de le parler correctement.


Alors tu t'engages là dans une attention qui sera difficile à maintenir. Ce n'est pas qu'une partie de plaisir d'évoluer. Cela demande de sacrés dépassements. Et tu les résumes parfaitement avec
cette petite phrase, l'air de rien.


J'ai repris l'aikido et j'avoue, j'en chie un peu. Mon rythme change, les cours sont intensifs. Et le progrès ne vient qu'avec la régularité et le sérieux. Mon corps qui a 45 ans change, mais je
le sens passé. Et le plaisir vient petit à petit de me sentir plus là, plus fort, plus présent, et de me rapprocher de cette harmonie que je cherche. Mais il m'a fallu dépasser plein de choses.
ET je continue à chaque entrainement à faire des dépassements de dingue.


Alors bravo pour ton engagement. Je te salue bien bas avec tout mon amour. 



Thalie 18/05/2011 23:56



Bravo et merci pour ce très beau texte, hyper important. Quelle clé énorme que de comprendre cela. Une clé pour changer, pour devenir soi (celui qu'on était en naissant mais qui s'est transformé
pour s'adapter au monde des grands) et être mieux avec soi et les autres. Une clé aussi pour mieux s'accepter sans se juger, et comprendre qu'on a le choix de changer des comportements qui nous
plombent et de choisir maintenant ceux qui nous correspondent vraiment. Je comprends depuis peu que mes bouderie, ma réserve, ma dureté, étaient des parades de défense mais qu'au fond, je ne suis
pas comme ça, et surtout que je n'ai aps envie de fonctionner comme ça. Je le sentais confusément depuis longtemps, sans savoir m'expliquer pourquoi.Et paradoxalement, cela me donne envie d'aller
pousser la porte de mon enfance.


Depuis quelques semaines, je regarde plus attentivement les enfants autours de moi et j'observe ce que tu décris. Je me rends compte de ce à quoi nous sommes confrontés dès notre plus jeune
âge...Et je te remercie de toutes ces prises de conscience et compréhensions qui font que, le moment venu, je serai une maman j'espère plus attentive, aimante et compréhensive.


Pleins de bises



marie silva 18/05/2011 22:06



Ton texte me parle beaucoup, d'abord à cause de mes blessures d'enfants, mais aussi parce qu'aujourd'hui j'ai des enfants, je suis donc passée de l'autre côté, celui de l'adulte qui a "tout
pouvoir". Et quand je regarde mon fils pleurer parce que je l'ai disputé, j'ai conscience de sa vulnérabiité et de mon impact sur lui. J'essaie de travailler au quotidien sur mon comportement vis
à vis des autres, même si ce n'est pas encore la perfection, j'avance sur ce chemin difficile. Et je remercie mes enfants de m'aider à progresser et d'être de véritables révélateurs.


 



Prune 18/05/2011 18:38



J'ai lu ton texte les larmes aux yeux, parce que ce sont exactement toutes ces blessures d'enfance que je revis en ce moment. Je suis allée voir hier le film "the tree of life", un film qui
montre tout ce qu'un enfant peut subir de violences de la part d'un père par exemple. Cela m'a beaucoup touché, et la conclusion du film montre que finalement, lorsque les âmes de toutes ces
personnes se trouvent réunies, il ne reste que l'amour. Ce film m'a énormément touchée, et ton article, et tout ce que je vis en ce moment vont dans le même sens :  que faire de nos
blessures d'enfant ? et comment interagir avec les autres qui revivent à travers nous leurs blessures à eux ? Merci pour ta sagesse.


 



Vanessa 18/05/2011 15:24



Je suis ravie de lire ce texte, profond, sincère et tellement riche


Un grand merci pour ce partage à cœur ouvert


"Life begins at the end of your comfort zone", ND Walsh



véro 18/05/2011 14:06



Merci pour ce beau texte qui me parle énormément !


très touchant


 


gros bisous


 


Véro



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