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2012-12-19T13:22:00+01:00

Accueillons la mort comme la vie

Publié par Marie-Lore

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Mon père est décédé le jour de mes 35 ans. Ma grand-mère maternelle l’a suivit de peu. J’ai perdu à 3 mois au printemps dernier le premier enfant que j’allais avoir à 42 ans. Ma mère a disparue il y a deux mois et demi et lundi après midi, mon grand-père maternel est mort. Je n'ai plus de racines familiales.

Tout le monde me plaint et me dit que cette année 2012 est terrible pour moi. Je suis triste. J’ai beaucoup pleuré hier en apprenant la nouvelle. Et pourtant au fond de moi je ressens à quel point tout est juste. Je n’ai pas à être consolée. Je sais à quel point chacune de ces personnes a décidé de partir. Je vois indubitablement que la mort ne nous choisit pas mais nous l’appelons.

Je suis triste de cette séparation, oui.

Je suis en deuil, oui.

Je suis joyeuse pour eux de leur choix, oui.

Je prends acte de notre pouvoir de décision sur notre départ. Je ne peux plus nier ce fait. J’ai entendu ma maman demander à partir vite. J’ai entendu mon grand père penser la même chose. J’ai vu mon père choisir de rester à l’article de la mort contre toute attente des médecins un an avant de de tirer sa révérence.

Je suis voyante et médium aussi. J’entends quelques jours après la mort de certaines personnes les messages à faire passer à la famille proche. Je reçois aussi la visite des futurs défunts quelques jours avant leur mort quand je suis concernée. Mon âme n’est jamais triste. Cela ne m’empêche pas de pleurer la perte d’un être chère. Je verse des larmes sur le manque que je vais ressentir, mais je sais au fond de mon cœur, que cette absence ne sera que de courte durée parce que nous nous retrouverons plus tard. Le lien d’amour tissé dans cette vie est solide pour l’éternité.

Chacun possède ses propres croyances : paradis, enfer, purgatoire, réincarnation, vie éternelle, résurrection… Qui a tord, qui a raison ? Qui peut prouver quoi que se soit ?

Si, une personne au moins. Jésus. Il est revenu. On sait au moins que la mort n’est pas toujours qu’un billet sans retour. Il l’a fait. C’est écrit dans toutes les langues dans le livre le plus vendu et lu au monde.

Je suis catholique et croyante. Je pense concevable le fait de renaitre dans un autre corps en gardant la même âme. C’est ma propre conviction que notre âme choisit le moment précis de son retour, la maman qui va nous donner la chance de renaître dans un corps, nous élever et nous transmettre exactement ce dont nous avons besoin pour faire notre propre chemin tout au long de notre vie.

Nous croyons souvent que nos parents avaient la charge et la responsabilité de nous éduquer et de nous élever à être des êtres parfaits et bien construits à nos 18 ans pétantes... Et qu’à notre majorité nous pourrions jouir de notre intelligence et de tout ce que nous aurions compris sur nous même à travers ce parcours éducatif pour le reste de notre vie. Y aurait-t-il une seule personne au monde ou  de votre connaissance qui pourrait se vanter d’être elle-même à ses 18 ans ?

Je crois que notre âme construit au fur et à mesure des expériences et des vies, ce qu’elle a envie d’être. Je crois intiment que nous sommes libres. Nous vivons nos nouvelles aventures à travers un corps, aidés d’un cerveau et d’une conscience. La petite voix et la voix de la raison nous guident vers ce que nous pensons faire de nous.

Chaque choix nous fait avancer et chaque non-choix aussi. Quand nous avons compris suffisamment de choses pour être plus heureux, nous décidons de bouger pour recommencer autrement, dans une autre vie, avec une autre famille, avec d’autres rencontres et expériences pour vivre autre chose et nous redéfinir encore. La mort fait partie de ces choix d’avancer vers un au-delà. Au-delàs de nos enfermements, de nos blocages, de nos croyances...

Nous serions victimes de la vie ? De la mort ? Je n’y crois pas.

Victimes consentantes, oui.

Nous choisissons de partir comme de venir. Nous décidons aussi de ceux qui vont nous accompagner à naître et à mourir.

Je suis consciente d’avoir été là pour mon père, mon enfant, ma mère, mon grand père et d’autres encore. Je les ai accompagnés avec tout mon amour, mon cœur, mon âme, mon corps, mon cerveau et ma conscience. Ce chemin était délicat mais magique. Triste mais profondément humain. La joie est collée au lien qui s’est tissé au fur et à mesure des rencontres, des échanges, de la confiance que nous avons partagés chacun de faire ce bout de chemin ensemble.

La mort m’a ouverte à la vie. J'ai vécu à deux de choisir d'être heureux ensemble juste ensemble sans rien attendre de soi ou de l'autre, sans compter, sans calculer, sans prévoir... Juste être ensemble pour vivre le moment présent intensément. J'ai compris qu'on se devait pour être heureux d'être nous-mêmes, avec nous-mêmes et avec les autres sans attente.  

j'ai vu avec eux que nous choisissons tout. Je choisis d'être moi-même comme je suis aujourd'hui avec mes qualités et mes défauts. Et vous ne pouvez pas savoir comme cela m'aide à accepter les autres tels qu'ils sont. Quel soulagement... Que d'enseignements précieux d'accompagner les mourants... 

De ce fait, je ne suis pas malheureuse, je suis touchée émotionnellement fortement, c'est vrai. Je sais que je porte en moi toutes ces personnes chères à mon coeur. Elles font partie de moi, de mon chemin et ne me quitteront pas.

La mort n'est pas éternelle, l'amour si.


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commentaires

Marylaure 20/12/2012 14:06


Ton texte est très profond et j'apprends beaucoup de la vie en le lisant. A travers tes deuils je sens ton courage soutenu par une foi lumineuse et une joie de vivre. Je comprends bien quand tu
dis que l'on n'est pas malheureux mais touché émotionnellement. Il y a même une part de joie dans un départ car c'est un choix. C'est l'être humain qui aimerait que l'on vive tous jusqu'à un âge
bien définit et en bonne santé. Mais si on est sur Terre c'est bien pour faire des expériences, et certaines douloureuses, pour faire grandir notre âme et c'est souvent dans la difficulté qu'on
fait des progrès.


Je me souviens, il y a plus de 10 ans, avoir tenu la main de mon père, déjà dans le coma, avec des mots apaisants pour aider son âme à partir. Malgré le peu de tendresse démonstrative de son
vivant. Je ne me l'explique pas c'était une évidence pour moi. C'était joyeux et triste à la fois et ça reste très fort dans mon souvenir. 


Je t'envoie plein de lumière.

Marie-Lore 20/12/2012 19:47

Je sens exactement ce que tu racontes. C'est spontanée et évident. On ne se pose même pas la question de se qu'on doit faire... Merci pour ce partage

chantal millot 19/12/2012 20:31


Je ressens la même chose que vous Marie lore, j ai perd 6 personnes de mon entourage, ma famille en 6 à 9 mois. Il faut avouer que  celà m a ouvert à la vie et de là sont parties mes
expériences '' différentes'' et mon ouverture d'esprit sur la mort et sur nos choix de rester ou pas. J ai dévoré tos les livres de Elisabeth KUBLER-ROSS.


J ai beaucoup pleuré du manque, de l'absence. Mais je sais maintenant.... Je vous comprend, je ressens ce que vous vivez.


BON COURAGE Marie-Lore et surtout, surtout je sais que vous garderez votre si joli sourire qui réconforte nimporte qui se sente mal.


Que la joie soit avec vous Marie Lore. Je vous embrasse de tout mon coeur.


A bientôt. Chantal

Marie-Lore 20/12/2012 19:50

Elisabeth Kubler Ross et Marie de Henezel ont écrit des livres fantastiques sur l'accompagnement des mourant et ont beaucoup contribué à l'ouverture d'esprit sur notre rapport a la mort qui avant été bien triste et sombre jusque là. Merci Chantal de ce partage!

Florence 19/12/2012 17:45


J'ai eu très longtemps peur de la mort, celles des autres, la mienne ...


Avoir cette compréhension de l'âme me permet aujourd'hui de l'accepter et de comprendre ce qui pourrait paraitre tellement injuste dans certains cas.


Cela ne m'évite pas la peine, bien sûr.


Merci pour ce billet magnifique, Marie-Lore

Marie-Lore 20/12/2012 19:50

tout est juste :0))

Tristan 19/12/2012 16:38


Notre culture occiedntale a mis un jugement sur la mort. Mourrir c'est mal. Alors on préfère souffrir que de partir par peur de mourrir. On devrait apprendre à l'école que, comme tu le dis, la
mort est bien plus un choix qu'une fatalité. On s'épargnerait bien des souffrances, la sécu irait mieux, et la sérennité serait plus grande.


Aujourd'hui je voyais un article sur le droit à l'euthanasie avec une carte de l'Europe. Il y a des pays ou c'est légal (Hollande, Nord de l'Europe), d'autre ou c'est toléré dans certain cas les
médecins débranchent les cables (france middle europe) et d'autre ou c'est interdit (pays de l'est et sud de l'europe).


On a déporté le débat sur le droit à mourrir, comme si on avait besoin d'un droit. C'est juste un choix et une authorisation qu'il faut se donner à soi-même. Mais notre culture occidentale ne
nous l'autorise pas alors on subit comme des imbéciles une médicalisation couteuse et des souffrances sans fin.


Je connais une personne qui par la confiance joyeuse dans la vie qu'elle inspire, son sourire éclatant et sa profonde connexion à la vie, est capable d'inspirer à une personne en fin de vie la
joie et la sérennité de partir plutôt que de rester dans l'anxiété et la souffrance.


Moi président, j'en ferais un beau métier et ferait rembourser ses visites dans les hospices par la sécu. ;-)

Marie-Lore 20/12/2012 19:52

Ben moi je songe à orienter un bout de ma vie vers la... Dans une autre vie j'ai aidé à mettre au monde, aujourd'hui j'aide à mourir pour mieux renaître.... Merci Tristan! Tu me donnes des idées lumineuses..,

Thalie 19/12/2012 15:38


J'ai un gros travail encore à faire sur ce sujet. Mais j'ai déjà moins peur de la mort depuis que j'ai compris qu'il y bien une vie après la mort. Et puis accepter qu'il s'agit d'un choix de
chacun me permet petit à petit de lâcher sur la culpabilité. Sur le "j'aurais du voir, j'aurais du être là, j'aurais du..." Et cela me réconforte aussi, de me dire que ce choix les a apaisé et
libéré. Je pense aussi à ma maman. Elle a fait le choix de partir et a agi pour. Elle était très croyante et en te lisant, je me dis qu'elle savait. Elle savait qu'elle trouverait ainsi la paix
et la sérénité, et qu'elle reviendrait de toute façon d'une manière ou d'une autre. Comme Jésus. Forte de ces compréhensions, je sais que je vais pouvoir continuer et finir un travail de pardon
et accéder à toutes les belles choses que ma mère m'a transmis. Et de travailler avec constance pour m'attacher à vivre pleinement "chaque jour que Dieu fait".


Pleins de bises. Merci pour ces partages si enrichissants qui ouvrent vers une vision "autrement" de la vie et des relations humaines

Hadda Djeribi-Benkobi 19/12/2012 15:18


Ta dernière phrase me parle , j'ai reçu le message et les ressentir y a pas très longtemps l'amour dépasse la mort, le temps, l'espace, j'ai bien vu dans cette vie tous les rdv que j'ai donné aux
personnes que j'ai aimé pour ne pas en douter.


Ce que tu décris me parle, pour avoir perdu très jeune, des proches partis trop tôt, trop jeune, pas forcément apaisée et plus tard une amie qui avait le choix de partir.


Ils ont tous fait le choix, ils ont choisis leur chemin et en ça il n'a pas d'injustice, oui la tristesse est là, le manque mais il y a quelque chose de plus grand que ça, ces êtres font partie
de ma vie et ils sont présents.


 

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