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2011-08-30T17:11:00+02:00

Je change ma vie parceque la vie me change (3)

Publié par Marie-Lore

SDC18790L’été 2010 arrive et toujours les discussions sur le corps. Mes résistances sont toujours là. Les enfants passent tous dans la classe supérieure, même mon premier va au lycée contre toute attente. Ce n’était pas gagné, pourtant !! Et moi, je suis plus que fatiguée, je suis même rincée. Mais je continue à rester debout, à lutter, à batailler…Jusqu’à ce jour, ou Madeleine, lors d’une séance, me dit « Tu sais, j’organise des séjours de bien-être au Maroc. D’habitude, j’emmène les participants habituels mais là, il y a 5 annulations. Et donc, j’ai une place pour toi..Mais on en reparle à la fin de la séance ».

Je me sens déstabilisée par cette demande, je me mets à faire du tricot sévère mais bon, elle me pose les bonnes questions et je la suis au Maroc. Je dirais même que l’Univers m’a filé un sacré coup de main : réunion de travail mensuelle annulée, mon papa vient garder les wagons, je bénéficie d’une facilité de paiement pour ce voyage qui aura lieu en Octobre 2010.

Je ne vais pas raconter mon périple de nouveau mais la prise de conscience a été réelle à cette période là. Pendant ce séjour, j’ai eu mes premières séances de reiki. Le résultat est que ce qu’il y avait au fond de moi est remonté. A cette époque a eu lieu mon premier pas dans la vraie vie, vers le changement. J’ai mis du temps à digérer les évènements du Maroc. La Wonder Woman que j’étais était en train de devenir une autre personne. Une personne normale, posée, droite dans ses bottes : le début du vrai Moi.

Au mois de Novembre 2010, je vois Chief pour un premier entretien. On s’est vues au Maroc et puis, on a parlé de ce qui m’arrivait au travail. Cet entretien va durer près d’une heure quarante cinq. Cette séance de travail va tourner autour des entretiens de fin d’année et de pouvoir décrire dans des mots simples ce qui m’arrive. Je dois préciser que j’ai accepté de quitter ce travail, je comprends que je n’y ai plus ma place et que ce travail ne me rendra jamais ce que je lui ai donné. Chief est très étonnée de lire mes entretiens qui sont en complète inadéquation avec ce que je vis. Elle conclut que la situation que je vis n’est pas une situation normale : on ne demande pas à une personne d’évoluer sans rien lui donner. Et chose très importante : elle me parle de discrimination. Parce que ce que je vis porte un nom et c’est celui-là. C’est un vrai tremblement de terre pour moi. Au regard de ce que je suis, ce terme me dépasse, je n’arrive pas à aller au-delà…Chief comprend ma réaction et me laisse le temps de la digestion.

J’ai écrit le récit de mon voyage au Maroc, raconter les enseignements que j’en ai tirés, les expériences que j’ai vécues. Love Reporter en a fait un film magnifique dans lequel je suis une belle personne et je semble si posée, je parle calmement d’une tempête que je viens de vivre. Je n’oublie pas Alan Shore et sa dédicace sans parler de Madeleine qui, en une phrase, a fait de moi, une personne importante et vraie. Je suis vraiment touchée par l’image que je renvois.

Côté Travail et Famille, ça secoue. Ca secoue même très fort mais je reste debout. Ca fait plus mal que d’habitude aussi. Mon année professionnelle n’est pas du tout à l’image de la précédente : j’ai tout fait pour me protéger et la parade que j’ai trouvée est de me refermer, de me centrer sur mon travail et de devenir hermétique, penser à moi et à rien d’autre…Alors, autant je serais touchée par ce film et ce que l’on y voit, autant je serais détruite par un bilan de fin d’année houleux et un résultat estimé calamiteux. Les fêtes de fin d’année se passent, le mois de Janvier défile et je me rends compte que je n’y arrive plus. Chaque jour devient un supplice, les douleurs et les maux de tête apparaissent. Je me remets à manger frénétiquement des bonbons, des gâteaux, des viennoiseries. Je serre les dents. Il y aura aussi cette tragédie qui aura un fort impact sur moi mais dont je n’aurais pas conscience avant un long moment.

La première alerte arrive fin Janvier : Je vois ma Folle qui me dit alors « Stop. Ca va trop loin. Vous ne pouvez pas y retourner, pas maintenant. ». S’ensuivent 15 jours d’arrêt que j’estimerais largement suffisants et je retournerai au travail avec la ferme intention de bâtir cette présentation pour la venue des membres du Comité dont je m’occupe. Ben oui, Wonder Woman  fait des siennes « M’avez eu ce coup-ci mais c’était un coup pour rien. Vous avez oublié qui je suis ? Z ‘allez voir ce que vous allez voir !! ». Cette présentation, que j’aurais préparée de bout en bout, sera très bien et m’apparaitra comme mon Graal. Je serai chaleureusement remerciée pour ce travail par toutes les personnes présentes sauf…mon supérieur hiérarchique. Cela me blesse mais je serre les dents, une fois de plus. La fatigue est là, chaque jour. Je sens mon corps se dérober : je deviens agressive, je ne suis pas patiente avec les enfants, je suis devenue intransigeante avec eux…En somme, je pars en vrille, rien ne va plus. Cet état va durer un mois et demi.

 Et à l’annonce du Plan de Promotion, j’insiste pour savoir ce qui n’a pas fonctionné, ce qu’il aurait fallu que je fasse pour avoir de la reconnaissance. La réponse est lapidaire « Pour les ETAM, il faut comprendre que les augmentations individuelles de salaire concernent les collaborateurs qui se sont impliqués dans leur travail ». Je n’arrive pas à surmonter cette remarque, comprenant que mon implication et mon savoir-faire ont fait de moi un petit soldat, celui que l’on considère comme quantité négligeable, chair à canon ou encore dommage collatéral..A ce moment-là, c’est la chute : un coup de fil où je suis en pleurs à Chief, je suis tellement perturbée qu’elle va passer un moment avec moi au téléphone à me faire reprendre mes esprits et à me déculpabiliser, elle va m’aider à rester dans mon cadre et à décider de ce qui va advenir. Mais surtout, elle est là, elle est patiente et elle fait de moi quelqu’un  qui est important, me fait constater que je suis en train de me gâcher, de m’abîmer et que cela ne peut pas continuer sur ce chemin. A cela on ajoute une crise de nerfs et on aboutit à un 2ème arrêt avec sommation de la part du médecin de me reposer et de prendre du recul et de continuer à aller voir la Folle.


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commentaires

Francoise 30/08/2011 20:18



Merci pour ce recit que je suis avec intérêt...


Cela me ramène quelques années en arrière dans une vie professionnelle de brave petit soldat qui somatise de partout tellement elle encaisse. Mon corps hésitant entre l'ulcère, l'excéma, le
lumbago, j'en passe et des meilleures.. un licenciement économique arrangé à mis fin à mes souffrances. Quelle libération, c'était au printemps!


Dommage qu'à l'époque aucune Madeleine ni Chief à l'horizon... Alors Béatrice, et ensuite... comment gères-tu tout cela, et aujourd'hui où en es-tu ??? C'est intéressant de lire ton parcours, les
outils qui vont t'aider, ton expérience du reiki, tout cela... Merci encore de partager ces choses très personnelles. Merci à Marie-Lore de les transmettre. Et a demain de te lire...



Florence 30/08/2011 19:25



Bravo Béatrice pour ton courage de raconter ainsi, avec autant de franchise et de clarté ce que tu as vécu. Ton témoignage est un cadeau, j'espère qu'il permettra à beaucoup de "petit soldats"
d'ouvrir enfin les yeux. Tu peux être fière de toi. 


Merci Marie-Lore de transmettre ces pépites et ce vécu via ton blog. 



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