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2012-07-17T14:56:00+02:00

L'Abécédaire de la voyante: A comme Attente

Publié par Marie-Lore

des-news....gifOn a tous des attentes dans la vie. Difficile de les  reconnaître pourtant  parce qu’on les camoufle bien profondément en soi depuis tout petit. Elles sont devenues inconscientes et silencieuses, mais nous polluent notre vie d’adulte.

En prenant le temps de s’observer, on découvre avec surprise, que notre être espère en cachette, être aidé, reconnu, aimé davantage, gratifié,  mieux compris ou pris en compte... Nos agissements quotidiens ne sont que le reflet de ces attentes inconscientes.

Quand on fait un travail d'accompagnement et qu’on échange avec d'autres thérapeutes, on se rend compte que les principales attentes sont reportées sur les autres, (enfants, amis, collègues, thérapeutes...) même une fois adulte. Elles sont tournées pourtant essentiellement vers les parents (attentes d'enfant : d'amour, de protection, de bienveillance, de reconnaissances…). En grandissant, nous avons aussi des besoins et attentes d'adultes non comblés,  vis à pas de notre famille dans la transmission pour être autonome et se sentir libre (transmission de la féminité, de la confiance en soi, de l'acceptation de l'expérience, de la mise en action, de la sécurité...).

Le problème est qu'on ne le reconnait pas facilement ces attentes.

Reconnaitre signifie: mettre en défaut ces êtres parfaits qu'on a mis sur un piédestal et qu'on aime par dessus tout, même si on leur reprochait une fois adolescents ou adultes, leurs comportements.

Reconnaitre ses attentes, c’est aussi accepter d’avoir choisi ce vécu pour grandir et être suffisamment prêt pour devenir notre propre référent. On a tellement besoin du regard des autres, de l’approbation de nos pairs… On espère toujours au fond de soi, qu’ils vont réparer, combler, comprendre… C'est eux qui nous ont vu naitre, qui nous ont élevés, qui ont fait du mieux qu'ils pouvaient pour nous aider à grandir. C’étaient eux les adultes, qui devaient nous montrer le chemin, nous ouvrir la route. Tout n’était pas toujours génial dans le passé, même si dans le présent il n’y a pas beaucoup de transmission, on garde l’espoir en secret qu’eux-mêmes ou qu’un autre adulte va réussir à combler ces vieilles attentes. Regarder les yeux grands ouverts les imperfections de nos parents, fait mal, nous perturbe, nous déstabilise. On préfère continuer à croire qu'ils ont bien fait, qu'ils nous ont aimés comme il se doit et qu’un jour, ils vont être parfaits avec nous. Ou au contraire, on préfère les détester de leur absence. On ne reste pas indifférent adulte de leur comportement d’antan. Avoir un affect aussi grand, démontre une attente cachée vis-à-vis d’eux, un lien très fort qui crée une dépendance et nous laisse dans un état infantile. « J’aurais aimé qu’ils comprennent. », « Si seulement ils comprenaient ma vie!». On ne coupe jamais définitivement le cordon, ni dans un cas ni dans l’autre, qu’on les adule ou qu’on les haïsse, on pose des attentes inconscientes sur eux.

Accepter de renoncer à nos attentes d’enfant est douloureux. Cela réveille nos émotions négatives accumulées et met en lumière d’abandonner notre manque de confiance en nous, nous demande de nous positionner dans nos valeurs et d’avoir foi en nous aujourd’hui. C'est accepter de voir qu'on repporte nos attentes adulte sur notre entourage d'aujourd'hui.

On croit qu'on est lié à nos parents par amour seulement. Avec un long travail sur soi en passant par le corps, des émotions douloureuses remontent, celles qui se tapissaient bien au fond de notre être depuis l'enfance qu'on ne voulaient plus ressentir depuis tout petit et dont on a même oublié l'existence. On est lié à nos parents par ses attentes sur eux. Ces émotions négatives, on a cru qu'on les avait gérées depuis longtemps et fait taire pour de bon. Elles étaient là bien vivantes à l'intérieur de notre corps. On ressent alors de la colère qu'on ne veut pas identifier tout de suite, elle ressort à de multiples occasions. On ne comprend pas pourquoi soudainement, on s'agasse pour des futilités. Les émotions remontent petit à petit et toutes les actions extérieures négatives qui ressemblent  à notre vécu d'enfant, nous heurtent. On ne supporte plus de la même façon les pensées qu'on ressent, les paroles et actions des autres. On se trouve même intolérants, voir méchants...  Jusqu'à présent, on était tellement conciliants et gentils. On ressent à nouveau les énergies autour de nous!

Là, on commence à identifier nos attentes.  

C'est douloureux à voir car dès qu'on s'en aperçoit, on se rend aussitôt compte que ces attentes ne seront jamais comblées par l'extérieur. L'espoir de réparation s'étouffe en silence et ça fait mal. On comprend qu'on doit compter sur soi avant tout et qu'on va devoir se réparer, on se sent seul. On faisait déjà tout seul avant, mais on avait l'espoir ultime d'être aidé, reconnu, gratifié. On avait le fantasme d'être jugé dignement, d'être apprécié par les autres. Le regard des autres est pesant, alors on a tout fait pour ne pas leur déplaire. Nous nous sommes tellement coupés de notre ressenti que nous avons acceptés de nous laisser harcelés, persécutés, utilisés, manipulés par ces autres. Nous acceptons tout. Notre limite est à un tel niveau qu'on est capable d'aller jusqu'à la rupture physique. Nous ne sentons plus notre mal-être. On se répare le corps et on reprend là où se corps nous avait stopé dans notre course. Le message a du mal à passer... On a finit par oublier notre fonctionnement naturel que nous avions enfant, notre spontanéité, notre joie de vivre, notre capacité à être ébahi par n'importe quoi, à s'émerveiller de la vie. On a perdu notre ressenti, nous ne sommes plus à l'écoute de nos émotions, nous les faisons taire par n'importe quel moyen.

Quand on entre dans cette observation de nos fonctionnements et la vision de nos attentes, passée la déception face à ces faux espoirs, passé les déstabilisations émotionnelles, on se relie peu à peu à soi. Le travail sur le corps est vital à ce moment là. Il permet de se retrouver, de se poser, de voir notre vie avec un plus grand discernement, de regagner de énergie, cette force intérieure qui nous caractérise en tant qu'être humain unique. C’est une renaissance.

Ensuite on commence réellement à construire sa vie. On n'est plus autant touché par le regard et le jugement des autres. On est en accord avec soi, nos valeurs, notre intégrité. On est plus tolérant vis à vis de nos actions. On se laisse le temps de se construire, d'évoluer, de vivre des expériences pour apprendre sur le tas.
Le renoncement à nos attentes n'est pas la fin du monde. C'est renoncer à l'approbation des autres. C'est la fin de notre état infantile, oui mais le début de la liberté. Se sentit libre d'exister par nous-mêmes est un vrai bonheur. Se sentir vivant et maître de nous, font qu'on est heureux quoi qu'il arrive, parce qu'on sent au fond de soi, que tout est possible, que tout ne depend plus que de nous. On peut avancer à notre rythme..

L'être humain a des ressources insoupçonnables et colossales. Faites en l'expérience par vous-même.

Parole de voyante.

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commentaires

Thalie 18/07/2012 10:02


mais où est passé mon commentaire


"On faisait déjà tout seul avant, mais on avait l'espoir ultime d'être aidé, reconnu, gratifié. On avait le
fantasme d'être jugé dignement, d'être apprécié par les autres. Le regard des autres est pesant, alors on a tout fait pour ne pas leur déplaire. Nous nous sommes tellement coupés de notre
ressenti que nous avons acceptés de nous laisser harcelés, persécutés, utilisés, manipulés par ces autres. Nous acceptons tout. Notre limite est à un tel niveau qu'on est capable d'aller jusqu'à
la rupture physique. Nous ne sentons plus notre mal-être. On se répare le corps et on reprend là où se corps nous avait stopé dans notre course. Le message a du mal à passer... 


J'ai commencé à comprendre ce mécanisme, je comprends que depuis toute petite, je suis dans une attente d'amour, de confiance, de soutien, d'échange, de reconnaissance; et que dans l'espoir
d'obtenir cela, j'ai longtemps agit au service des autres, en fonction des autres, en évitant de trop demander de choses de peur de dérranger. Pour qu'ils m'acceptent et qu'ils m'aiment. En
m'oubliant et en "enterrant" ma vraie personnalité.


Aujourd'hui encore, j'ai du mal à reconnaitre et admettre le comportement de certains adultes de mon enfance. Mais je fais un travail sur moi qui me permet de réapprendre à avoir confiance, à
écouter mes ressentis, à passer à l'action pour poser mes propres envies et mes idées avec mes valeurs. Et de découvrir des ressources insoupçonnées ((-; Et j'ai fini par accepter les ruptures ou
la distance que cela peut entrainer avec les personnes qui ne veulent pas accepter ce changement.Le reste viendra, pas à pas.


Petit à petit, je vois s'installer une confiance, une joie de vivre, une force, une sérénité de plus en plus grandes; en même temps que mon rapport aux autres devient plus simple et harmonieux.
Je me sens plus libre et plus en paix.


Merci pour ce super texte. Le relire m'aidera certainement à soulever certains voiles ((-;

Françoise 18/07/2012 07:03


Merci Pour ce texte, Marie-Lore,


très beau, très vrai au delà des mots,


j'aime l'apaisement et la force des dernieres phrases, 


et j'avais l'impression d'entendre en plus un autre mot à la fin, un dernier ...: "courage !"

Thalie 17/07/2012 21:42



Marie-Lore 17/07/2012 22:10

Ben alors?? :0)

Florence 17/07/2012 18:54


Mon dossier du moment, ton billet tombe à pic !


J'ai d'ailleurs relu hier I comme insatisfaction de ton abécédaire (j'avait besoin d'un petit rappel ^ ^)


Merci pour ce texte

Marie-Lore 17/07/2012 22:12

Oui je n'ai pas parlé de ça, j'ai voulu faire court ;0) À relire À comme Affect et I comme Insatisfaction oui :0) gros bisous

Hadda Djeribi-Benkobi 17/07/2012 17:46


Des attentes j'en ai mis sur tellement de personnes de mon entourage, parents que j'ai ensuite reportée sur mes amoureux, mes amis, mes accompagnants...jusqu'au jour où j'ai
vu que je me mettais en colère, je paranoier sur des trucs sans fondements au lieu de m'exprimer.


Tu les cites pour ainsi dire toutes, être comprise sans mot, être reconnue en tant que femme et puis un jour à force de travail sur moi, de temps: le moment où on est enfin prêt à poser la
question et attendre la réponse,  je me suis rendue compte que mes attentes n'auraient jamais les réponses escomptées des personnes souhaitées ( encore plus en ne faisant rien).


Il fallait que je formule mes envies, que je prenne ma place de femme ( celle que je suis et que j'ai envie d'être)


ça prend du temps, ça se fait pas sans peine, sans tristesse mais même ça je les acceptée surtout cette année, laisser montée l'émotion, je pense que je n'ai jamais autant pleurer que ces
derniers mois et je ne me suis jamais sentie aussi bien, ancrée dans ma vie.


De tout ce chemin, il en sort aussi une grande tolérance pour soi et pour les autres, on n'attend plus des autres qu'il soit autre chose qu'eux mêmes.


Hier, j'ai eu une discussion qui me fait comprendre le chemin parcouru et toutes les belles choses que la suite me réserve.


 


Merci pour ce texte

Marie-Lore 17/07/2012 22:13

:0)) La voyante qui tombe à pic!! ;0)

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