Partager l'article ! S'émanciper de la mère: le frein définitif à son état de sauveur ou de victime!: J'ai pris la décision à presque 42 ans de ne plus sauv ...
J'ai pris la décision à presque 42 ans de ne plus sauver ma mère. Cela a été long et difficile. Je n'ai jamais accouchée, je suis sure que cela doit ressembler à une naissance, souffrir jusqu'à la délivrance.
J'ai accepté de voir à quel point ma mère avait choisi son chemin et que sa route passait parfois par des contres allées étroites, rocailleuses et sinueuses. J'ai admis que ce n'était pas mon orientation et que mon âme n'avait pas choisi de prendre la même direction. Il n'y a même pas la largeur de cheminer à deux, cote à cote sur ses routes. Je le voyais bien et j'ai continué pendant 41 ans! J'ai admis définitivement que chacun avait son chemin, son plan et sa boussole et j'ai accepté de voir en gros plan que la croyance de marcher main dans la main toute la vie avec l'autre, était une illusion.
Ma route est de pardonner et non de me sacrifier pour l'autre.
Difficile d'accepter que nos mamans soient malheureuse, non?
J'ai cru que j'avais déjà bien compris et géré son choix depuis des années. Aujourd’hui, je vois la différence dans la vie de tous les jours. Cela se manifeste par des abandons de personnes qui cherchaient en moi une femme-maman rassurante, qui devait ressembler à leur mère, parce qu'on recherche toujours l'odeur du nid tant qu'on ne s'émancipe pas et qu'on ne fabrique pas son propre nid. Et personne ne peut ressembler à personne. Et surtout, les aspects qu'on recherchait en moi sont tous les points sur lesquels je travaille en conscience pour ne plus les subir et les faire subir aux autres: la dureté, le pouvoir, la castration, le sacrifice, le déni du besoin de protection de l'homme. Alors pour moi, c'est un bon training depuis quelques années, voir si dans le concret, je refuse de vivre ces états ou si je les perpétue. Je m'améliore de mois en mois. Je me vois réagir qu'on on appuie maintes et maintes fois sur le même bouton. J'avoue que d'avoir commencé l'Aikido en septembre, m'aide beaucoup à ne pas répondre à la dureté par de la dureté. Je ne peux plus aujourd'hui être dans la réaction et punir l'autre. Je sais à quel point cela est annihilant et humiliant. Je suis contente de ces épreuves de la vie, elle me prouve que je suis sur le bon chemin même si cela n'est pas facile tous les jours. Quand on accompagne quelqu'un, cette personne ne vient pas à nous par hasard, elle possède toujours des bouts de nous en elle et on découvre alors sa personnalité propre à coté, ses expériences de vie et cela ouvre de nouveaux horizons pour soi de voir que l'autre réussi à sortir complètement d'un schéma dans lequel on a du mal à sortir complètement. L'autre est un miroir et si on prend le temps de se regarder dedans, on voit aussi le temps nécessaire quoi qu'on pense et peu importe la dose d'impatience que nous avons, pour avancer à un bon rythme vers le bonheur... C'est rassurant de se remettre sur un plan humain. On a tellement été habitué à croire qu'on devait être des surhommes ("Ne pleure pas, tu es grande", "Soit responsable, arrête de faire des bêtises!" "Economise au lieu de dépenser tout ton argent en choses inutiles et futiles!") Pour ne pas être démasqué, on se planque pour cacher nos imperfections, nos défauts, notre coté humain.
On ne se remet pas en question, cela impliquerait une erreur de parcours... Voir les autres dans leur galère et se débattre avec leurs rames, donne espoir d'une décision de changement même si la situation a l'air bloquée et irréversible. Je peux transmettre l'espérance de tous dépasser par mes expériences de vie, mon ressenti et ma joie de vivre, ce réacteur de fusée.
Je suis installée confortablement
dans la joie de vivre et cela me définie aujourd'hui. Quand on me fait du mal, je soigne mes plaies par de la joie, ça change tout. Je bande mes fracture en chantant à tue tête! Je me mets en
convalescence en tricotant de magnifiques poncho colorées et en créant des objets et bijoux porte bonheur pour se relier à du positif.
Je suis
reconnaissante envers ma mère, je sais que je l'ai choisi en mon âme et conscience parmi des millions d'âme, avant de naitre. Elle m’a montré et ouvert des portes sur la convivialité, la
créativité, la solidarité, l'humanitaire. De crainte de blesser les gens autour d'elle, elle s'est empêchée de vivre ses envies par allégeance familiale pour perpétuer le malheur. Elle a préféré
sacrifier ses envies et me montre tous les jours le résultat du sacrifice humain. Aucun Dieu ne vaut un sacrifice humain, encore moins un être humain.
Maintenant je vais
pouvoir continuer à la voir à mon rythme en étant en paix et dans un cadre doux que je choisirai. Nos mamans n'ont pas eu la chance comme nous de faire un travail sur elle, de dépasser leur
frustration car l'éducation et les mœurs ne leur permettaient pas de s'émanciper dans la joie et de s’autoriser à se faire aider par un inconnu. De leur temps, s’émanciper ne pouvait se
faire que seul avec violence ou en ensemble dans une révolution.
Je prends ma responsabilité de
femme et choisis de ne plus être dans une lutte de génération avec ma maman ou tout autre personne d'autres générations, culture ou croyance.
Je peux
choisir aujourd'hui de m'entourer de personnes responsables. Je ne serai ni un sauveur ou un bourreau et encore moins une victime. J'entre dans ma responsabilité et pour moi c'est d'être dans la
joie et d'avancer dans la paix et tout faire pour être heureuse. Je sais que pour vivre cela au quotidien, c'est reprendre cet engagement à chaque minute de ma vie. Voila ma responsabilité:
être dans une présence constante à ce que je vis et à l'écoute en permanence de l'univers.
Parole de Marie-Lore Staudt :o)))
Commentaires