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2016-08-24T09:34:27+02:00

R comme Raison

Publié par Marie-Lore
R comme Raison

Souvent j’entends dire : “J’ai préféré choisir la voix de la raison” ou “La raison me pousse à choisir cette direction !”, et, moins couramment : “J’aurais dû écouter ma petite voix”

Nous suivons généralement la voix de la raison au lieu de faire confiance à notre petite voix intérieure. Nous nous détournons de notre intuition, au profit notre mental.

En même temps, je sens une confusion entre la “Voix” et la “petite voix” en nous.

On dirait que la première, venant de la raison, donc du cerveau qui analyse, résonne plus fortement dans notre tête, comme si elle possédait un timbre plus puissant que notre petite voix cristalline. En fait, elle repose sur des réflexions très poussées, renforcées par les conseils de l’extérieur ou par l’expérience passée (amis, livres, expériences, mémoires, thérapeutes...). Elle a donc plus de poids lors de nos prises de décision. Le cerveau cogite des heures sur une même question en élaborant divers scénarios. Quand l’un d’entre eux lui semble raisonnable et/ou quand il reçoit l’approbation de l’extérieur, il abdique. Ces hésitations et tergiversations peuvent durer longtemps et conduit à beaucoup d’hésitations et de ralentissements dans nos prises de responsabilités.

A contrario, la seconde, cette petite voix qui vient de l’intérieur, tombe sous le sens. Mais elle est bien timide. On la perçoit à l’improviste lors d’un moment de recul, de calme mental, d’oisiveté, de repos ou de créativité. Cette petite voix ne s’appuie sur aucune réflexion. Nous ne l’entendons pas avec des mots et des phrases bien construites et intelligentes, mais au travers d’un ressenti, de nos sens ou d’une perception qui résonne dans tout notre corps comme une

Souvent j’entends dire : “J’ai préféré choisir la voix de la raison” ou “La raison me pousse à choisir cette direction !”, et, moins couramment : “J’aurais dû écouter ma petite voix”

Nous suivons généralement la voix de la raison au lieu de faire confiance à notre petite voix intérieure. Nous nous détournons de notre intuition, au profit notre mental.

En même temps, je sens une confusion entre la “Voix” et la “petite voix” en nous.

On dirait que la première, venant de la raison, donc du cerveau qui analyse, résonne plus fortement dans notre tête, comme si elle possédait un timbre plus puissant que notre petite voix cristalline. En fait, elle repose sur des réflexions très poussées, renforcées par les conseils de l’extérieur ou par l’expérience passée (amis, livres, expériences, mémoires, thérapeutes...). Elle a donc plus de poids lors de nos prises de décision. Le cerveau cogite des heures sur une même question en élaborant divers scénarios. Quand l’un d’entre eux lui semble raisonnable et/ou quand il reçoit l’approbation de l’extérieur, il abdique. Ces hésitations et tergiversations peuvent durer longtemps et conduit à beaucoup d’hésitations et de ralentissements dans nos prises de responsabilités.

A contrario, la seconde, cette petite voix qui vient de l’intérieur, tombe sous le sens. Mais elle est bien timide. On la perçoit à l’improviste lors d’un moment de recul, de calme mental, d’oisiveté, de repos ou de créativité. Cette petite voix ne s’appuie sur aucune réflexion. Nous ne l’entendons pas avec des mots et des phrases bien construites et intelligentes, mais au travers d’un ressenti, de nos sens ou d’une perception qui résonne dans tout notre corps comme une

évidence. Cette petite voix nous met face à la réalité et aux responsabilités qui en découlent, pour nous aider à retrouver notre stabilité au milieu des événements qui s’annoncent. Quand elle contredit nos plans bien étudiés, nous ne voulons pas en entendre parler. Alors, nous réfléchissons de plus belle pour la couvrir définitivement.

Avec le temps, nous nous rendons compte qu’elle était l’écho de la sagesse. Si nous l’écoutions plus souvent, nous gagnerions du temps.

Pourquoi la plupart des gens préfèrent-ils faire confiance à leur mental plutôt qu’à leurs émotions et à leurs sens ? À leurs réflexions alambiquées plutôt qu’à des évidences élémentaires ? À leur cerveau plutôt qu’à leur corps ? À leurs sentiments plutôt qu’à leur instinct de survie ?

Les deux messagers de notre être

Nous sommes accompagnés par deux messagers pour survivre dans cette jungle et nous éviter de trop souffrir : le mental et le corps.

Le corps

Notre corps est relié à nos cinq sens et à nos émotions. Les émotions et les sens nous font ressentir des sensations de bien-être ou de malaise. Ils sont des indicateurs précieux de nos états intérieurs. Ils nous donnent la température de notre environnement. Ils nous avertissent des dangers venant de l’extérieur. Si, petits, nous ne sommes pas aidés à les préserver, une fois adultes nous serons plus ou moins coupés de leur ressource.

Les émotions et les sens sont nos meilleurs messagers intérieurs, juste avant une maladie, par exemple. Or nous ne prêtons pas attention aux indicateurs physiques que le corps met à notre disposition. Nous en sommes généralement coupés. On dirait même souvent que notre tête n’est pas reliée au reste de notre corps et ne peut donc en aucun cas bénéficier de ses alertes et de ses messages.

Et, pourtant, les sens nous font nous sentir vivants. Ils sont les liens avec le monde visible. Ils nous informent en temps réel sur le monde matériel qui nous entoure, à travers le filtre de notre légende personnelle. L’ouïe, la vue, le toucher, le goût et l’odorat nous aident à identifier le monde comme hostile ou familier. Nous couper de nos sens ou les anesthésier nous éloigne de notre capacité à percevoir le monde avec discernement. Ils font le pont entre le passé (nos mémoires et croyances) et notre perception du présent. Quand, petits, nous entendons ou voyons des choses qui nous gênent et qui perturbent notre équilibre, sans nous en rendre compte, nous finissons par amoindrir nos sens : nous portons des lunettes de vue, avons des acouphènes, n’aimons pas qu’on nous touche… pourtant, nos sens sont de bons atouts pour avoir du discernement et une juste perception du monde, lorsque nous sommes nos propres référents.

Nos émotions, elles, perçoivent l’invisible. Elles créent un lien entre le présent et le futur proche. Elles sont les gardiennes de notre survie. Notre corps les traduit en impulsions physiques, selon que nous nous sentons bien ou mal dans notre environnement. Elles nous conduisent ainsi à une action destinée à nous protéger de l’extérieur.

“J’ai peur, je vois le chien qui arrive en courant sur moi, je cours pour m’en éloigner.”

Elles font le pont entre le présent et le futur. Elles nous aident à appréhender les événements qui vont surgir dans un futur proche. Elles nous conditionnent à bouger.

Quand nous n’avons pas appris, enfants, à les gérer, agréables ou désagréables, elles nous bouleversent et nous font souffrir. Nous ne comprenons pas l’intérêt de ces forces invisibles si les grands ne nous encouragent pas à en tenir compte et à nous positionner en conséquence. Nous préférons très tôt nous en couper afin de ne pas être déstabilisés par la vie, quand nous avons peur d’agir ou manquons de confiance en nous. Nos émotions s’étouffent alors à l’intérieur de nous.

Le cerveau récupère nos perceptions du monde en analysant ce que nous ressentons à travers nos sens et nos émotions qui sont les réceptacles de notre petite voix intérieure. Il les traduit en sentiments reliés à la mémoire de notre passé ou à des appréhensions de notre futur non avéré. Et il s’active alors sans s’arrêter.

Le mental

Le mental agit en garde du corps. Il intervient dès notre plus jeune âge quand nous souffrons trop, quand les adultes n’ont pas été à la hauteur pour nous aider à gérer et à vivre nos émotions et à développer nos sens. Alors, c’est le mental qui a cherché à nous donner un semblant d’équilibre. Il est devenu le porte-parole de la raison. Il vient nous aider à contrôler nos bouleversements et à nous faire nous sentir stables. Depuis notre plus tendre enfance, il a été notre réflexe de survie au milieu des grands. Il nous débranche du corps, donc de nos émotions et de nos sens. Il diminue notre souffrance psychologique. Il nous empêche malheureusement aussi, quand nous grandissons, de pouvoir agir dans le présent et de vivre l’instant présent en étant créateurs de notre vie. Nous savons plus ou moins bien gérer notre vie mais nous ne ressentons plus grand-chose, agissons comme des robots et supportons tout sans agir pour notre bien-être.

Plus nous tergiversons et hésitons, moins nous sommes reliés à nos états intérieurs et plus nous avons besoin de l’extérieur pour nous rassurer. Nos réponses, nous les cherchons à l’extérieur de nous- mêmes quand nous sommes branchés sur le mental. La raison nous aide à atténuer les émotions qui surgissent. On ne nous a pas appris, petits, à les gérer. On nous a demandé d’en faire abstraction dans notre quotidien par des phrases assassines :

“Arrête de pleurer, tu es un grand maintenant.”

“Ne ris pas aussi fort, qu’est-ce que les autres vont penser.” “Tiens-toi tranquille.”

“Ne fais pas de vagues.” “Tais-toi et pardonne.”

“Oublie ce que tu as vu. Ne le répète à personne.” “Si tu pleures, je t’en colle une.”

“Fais moins de bruit, tu vas déranger les autres.” “Arrête de te plaindre, on dirait une mauviette.”

“Tu n’as pas fini de te lamenter, tu n’es pas le (la) seule à souffrir”...

Du coup, en grandissant, nous avons envie de nous montrer forts afin d’être aimés et acceptés. Nous sommes programmés, depuis l’enfance, pour être équilibrés quoi qu’il arrive. Nous ne voulons (et ne pouvons) pas paraître fragiles. Les êtres sensibles sont faibles pour la société bien pensante. Nous refusons de rester longtemps sous le coup de l’émotion. Nous ne montrons pas notre unicité, notre puissance. Notre raison prend le dessus alors systématiquement et nous explique le savoir-faire en société, le bien-penser nécessaire pour passer incognito et paraître quelqu’un de normal.

Nous lissons et faisons abstraction de ce qui nous titille jour après jour. Nous ignorons les alertes de notre corps et nous branchons sur notre mental qui, en tergiversant sur le passé ou le futur, nous éloigne le plus possible de l’instant présent et de ce qui nous bouleverse. Ainsi avons-nous l’impression d’être forts et invincibles, adultes, alors que, enfants, nos états émotionnels nous rendaient impuissants face au monde qui nous entourait.

Notre cerveau, devant des événements similaires qu’il repère immédiatement, lance ses programmes sur un mode répétition, quoi qu’il arrive, jusqu’à la mort, tant que nous ne remettons pas en question son fonctionnement. Ainsi croyons-nous pouvoir nous accommoder dans ce monde de brutes. Nous sommes simplement programmés comme des ordinateurs et pouvons tout accepter les yeux fermés. Au bout du compte, notre raison trouve toutes les raisons de ne pas agir pour notre bien-être et de rester immobiles au milieu de ce monde fictif.

Dès lors, si une émotion vient nous frapper, nous utilisons notre raison immédiatement. Nous nous agitons au lieu de nous poser. Et nous nous éloignons de la sensation ressentie. Notre intuition a été tuée dans l’œuf.

Nous nous coupons ainsi de nos responsabilités. Nous devenons les pantins de l’invisible et les victimes apeurées des événements. Mais, anesthésiés depuis la petite enfance, nous nous en moquons. Nous pouvons le supporter longtemps, tant que nous ne revenons pas à notre corps. Nous sommes simplement éloignés de notre vérité pour un temps et sommes incapables de mener des actions justes pour nous.

Notre raison fait appel à notre mental, à notre cerveau et nous coupe de nos émotions. La raison se met en route au quart de tour au moment où nous risquons d’être chahutés par les événements. Elle rassure, elle rationalise. Elle nous fait nous sentir normaux et acceptables par la société. Elle lisse nos émotions et nous maintient dans une zone de sécurité que nous connaissons par cœur et maîtrisons depuis l’enfance. Elle noie le poisson dans une mer agitée et trouble. Elle coupe les connections au corps. Elle nous fait nous sentir comme “monsieur ou madame Tout le monde”. Ainsi ne risquons-nous pas d’être mal jugés et montrés du doigt.

L’intuition se vit dans un état de calme, de paix intérieure, de repos. Elle demande à notre corps un état de confiance pour venir se lover. Cette petite voix intérieure résonne comme la voix de la sagesse quand nous sommes posés. Quand nous écoutons alors notre petite voix, c’est juste indiscutable. Seulement, elle nous demande souvent de nous dépasser, de prendre nos responsabilités pour évoluer, pour contrer la difficulté.

Et là, le bât blesse. Nous allons devoir sortir de notre zone de confort et aller vers l’inconnu.

Allons-nous être aussi forts durant cette nouvelle étape ? Allons- nous supporter la désapprobation des autres ?

Pas facile de suivre sa petite voix, nous devons sortir des sentiers battus et faire confiance à l’invisible. Nous devons avoir la foi, être branchés sur le cœur et non sur le profit et la compétition. Un véritable exploit dans ce monde aseptisé où priment le visible et le matériel et où l’intellect est la panacée pour dominer son prochain et se montrer le plus fort.

Un secret pour décrypter quelle voix s’adresse à nous ?

La raison se manifeste très vite, suite à une intuition, et non l’inverse… Elle transforme nos émotions en sentiments qui leur ressemblent à s’y méprendre. Ces sentiments nous éloignent de l’action à mener et nous entraînent dans une réflexion intense, dans notre zone de confort, dans les problèmes que nous connaissons bien et avec lesquels nous avons appris à cohabiter. Nous ne bougeons plus mais sommes moins déstabilisés, en tous cas en apparence, et pour un temps donné, jusqu’à ce que le corps ne supporte plus ce trop-plein de faux semblants et d’émotions.

Notre petite voix ne se trompe jamais et nous conduit indubitablement vers notre essence, vers le cœur de notre être.

Alors, si vous avez envie de vous relier à votre intuition pour vous approcher de votre vérité et entendre votre petite voix intérieure plutôt que votre raison, si vous avez envie de prendre votre place, prenez le temps de vous poser et faites du bien à votre corps. Il est le porte-parole de votre petite voix !

Mais, attention, vous ne pourrez plus être victimes de la vie : reliés à l’invisible, vous n’ignorerez plus jamais ce qui se trame derrière le voile…

R comme Raison

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