Quand j’étais petite, mon père était le roi des maximes
et des citations…
J’en ai gardé quelques héritages… ;o)OOO00o
Et je pestais souvent contre ces phrases répétées au quotidien qui finissaient par n’avoir plus vraiment de sens pour moi ou que je ne voulais sans doute pas comprendre… Et puis
quand j’ai passé mon bac en école privée catholique avec des « gens biens »… j’ai décidé de faire un cursus peu commun, une solution idéale pour partir très vite de chez mes parents et
trouver cette indépendance dont j’avais tant besoin pour grandir!!
Mes dons pour la créativité et les hasards de la vie (Dieu déguisé incognito disait un autre grand homme…) m’avaient amenée vers une école de coiffure où après mon baccalauréat, je passais en une année, un CAP de coiffure masculine à Strasbourg. J’arrivais l’année suivante à Paris, trop contente de retrouver mes amis et le milieu étudiant, avec ses fêtes alcoolisées, ses « déconnades », cette énergie de l’ambition et de la réussite et cette faculté en école de commerce de se croire le roi du monde ou le future grand dirigeant de la future boite à la mode… Avec cette certitude qu’on va être pété de tunes !!!
Et moi, salariée, voguant au milieu de tout ça, naïve encore, je répondais un peu gênée quand même de ma condition, aux mêmes questions existentielles de l’époque « Tu es à quelle école ? » « Je travaille dans un salon de coiffure ». Immédiatement on me tournait le dos. Ce milieu que je fréquentais un an auparavant, ne me regardait plus. Je ne faisais plus partie de cette élite… Deux années plus tard, ce même hasard, (on est copain maintenant… ;o)OOO00o) me conduisait à travailler dans un magazine ados, pendant la grande période mannequinât où étaient en pleine gloire les Claudia Schiffer, Cindy Crowford et compagnie…
Et 15 jours plus tard en soirée, les « tu fais quoi ? » me donnait la gloire de répondre à ces mêmes bonnes gens : « Je travaille pour un magazine de casting ? « « Ah bon ? ...Et tu croises régulièrement des mannequins ?! ? NON, quelle chance !!!!!!! ». Ces mêmes « Tu fais quoi ? » me valaient l’admiration et l’écoute de toutes ces jolies têtes blondes et pleines…
J’ai pris en live ma première leçon de vie et là, je me suis rappelé ce que mon père me disait depuis toute petite, « Marie regarde la paille dans ton œil… », « Le silence est d’or », «Balaye devant ta porte »... Moi qui me pensais libre de penser, libre dans ma tête, j’avais fait ce que tout le monde fait, je me jugeais en permanence, j’avais un jugement sur toutes les personnes qui je croisais et on faisait pareil avec moi… Bien sur ! C’était devenue évident, flagrant et cela me peinait énormément…
Un jour, quelques années plus tard encore, consciente de cela mais pas guéris, mon médecin traitant, (un autre homme admirable, docteur Plaisant) me demandait quelque chose pour la première fois… Passer une semaine sans me juger, ni juger personne ! J’étais estomaquée. « Quoi, j’ai encore un jugement sur la vie ? »
Là, il était urgent de prendre un petit moment avec moi, j’ai convoqué mon ego (un autre personnage légendaire…) immédiatement et nous avons eu une discussion tous ensemble. Nous nous sommes mis d’accord pour faire l’essai une semaine, pour voir…
Quel bonheur !!! Quelle tranquillité !! Quelle paix… J’ai pu enfin profiter de la vie pleinement, l’esprit libre sans avoir la tête qui mouline sans arrêt à commenter tout ce qui bouge… Grande libération, j’avais expérimenté consciemment dans ma vie de tous les jours, le conseil d’un grand sage… et du coup j'avais compris en vrai! Merci Docteur !
Et puis quelques années encore après, j’ai participé à un stage de développement sur l’intuition, « Chouette » avec une personne qui me sollicitait pour travailler avec elle depuis quelques mois… Et comme tout premier exercice, on devait sur une musique entraînante se mouvoir au milieu de la salle en s’arrêtant devant chacun et en le jugeant… Le reste du séjour a été du même acabit… bousculant, déstabilisant, déchirant et remettant en questions les petits acquis que chacun étaient heureux d’avoir trouvé dans sa vie jusque là. Et moi j’ai quitté ce stage en me disant que nous n’avions pas les mêmes valeurs. J’ai compris le mot « intégrité » et j’ai fait un grand pas dans ma vie en me respectant. Je perdais de l’argent en refusant de travailler ainsi et je gagnais en estime de moi.
Dans la vie, l’écoute, l’observation, la patience, le silence, la douceur, le calme, le partage, la confiance, la foi, l’enthousiasme, la bienveillance m’ont apporté des cadeaux merveilleux.
Merci à vous tous de venir partager des bouts de vie sur ce blog, de prendre et d’y laisser ce que vous avez envie, ce que vous êtes.
Sentez vous libre, c’est que du bonheur !
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