Nous accompagnants, nous sommes avant tout des êtres humains. Nous accompagnons des êtres humains, nous ne sommes pas des ordinateurs capables d’analyser le comportement humain et de sortir une solution toute prête d’un programme installées dans le disque dur. Notre force et notre faiblesse sont là. Pour moi, c’est une qualité de rester humain avec toutes nos émotions, notre ressenti, notre empathie et notre intuition. Nous continuons à être touchés par cet être que nous avons en face de nous, même si nous nous devons d’être justes, détachés, présents sans affect. Je souris quand j’entends dire cela des psy, « on apprend cela en formation ». Oui bien sur…
Sans ce précieux temps de relaxation, de détente, de sport, de" rien" pour prendre du recul, on ne peut pas comprendre parfois pourquoi l’émotion a été si forte en nous pendant un rdv. Je me souviens d’une relaxation où la personne était simplement couchée les yeux fermés et moi les mains au dessus en reiki, je pleurais. Je ne comprenais pas pourquoi j’étais émue aux larmes. Je devais les ravaler parce que cela ne se fait pas… J’ai pris le temps ensuite de me rebrancher à cet évènement, j'ai reçu des images d’une autre vie où je me revoyais avec cette même personne dans un autre contexte avec d’autres liens qui cette fois étaient familiaux… Comment expliquer cela ? Déjà de vous en parler sur FéeMinine est un dépassement pour moi.
Les gens viennent nous trouver parce que notre histoire correspond à la leur. Leur vécu fait écho au notre. Il faut être en « grand travaux » permanent, avoir beaucoup de temps pour soi pour digérer, avoir des années de remise en question derrière soi et une grande humilité et compassion pour comprendre, recevoir, accepter et avoir confiance pour l’autre en restant serein quoi qu’il arrive face à son histoire parce qu'elle nous est familère.
Etre accompagnant, c’est aussi recevoir les retours de nos clients qui projettent sur nous leurs problèmes parce que nous sommes là quoi qu’en en dise, pour remplacer le parent déficient, le mentor absent, l’ami dans l’amour compassionnel qui n’est pas là. En regardant de plus près, notre vie, notre « image », une partie de notre caractère, notre visage, nos mimiques, nos attitudes ressemblent incroyablement comme un calque au vécu de celui qui est là en face de nous à nous demander de l’aide qui n'a pas été écouté, pris en compte par ce parent sosi...
Nous nous prenons dans la figure toutes les déficiences, difficultés, impatience, manque de foi de nos clients. Il faut être sacrément ancré, fort, aligné, humble pour trouver ce recul pour répondre d’une manière juste avec amour, calme et acceptation de la projection de l’autre. Si cet autre a projeté sur nous quelque chose sur nous, c’est que ce quelque chose a de quoi adhérer à notre personne. Là est notre travail, repérer, transformer chez soi ce petit bout qui reste, qui a permis aux choses de s’accrocher, qui a laissé place à la réaction de l’autre contre nous. Nous avons encore en nous ce petit quelque chose qui reste un déclencheur chez l’autre. C’est là aussi qu’il y a réparation quand en face de nous, l’autre s’ouvre, écoute et perçoit cette invisible lien, ce hasard qui nous a mis face à face pour avancer.
On ne reste pas impassible à la critique, au mal-être, à la peine ou l’incompréhension de nos clients même si on sait que se ne sont que des projections ou des états qui vont passer, se dissoudre bientôt. Oui nous sommes humains aussi et tant mieux :o)
On reste dans cette proximité avec l’autre parce qu’on sait qu’il va pouvoir régler aussi à travers ces projections sur nous, ce qu’il ne
parvient pas à réparer directement dans son lien familial ou affectif. C’est très difficile avec nos proches, voir impossible et c’est plus facile avec des personnes avec lesquelles nous sommes
relié par un accompagnement, après tout ils sont là pour ça ? Etre accompagnant n'est pas aisé aujourd'hui, c'est un chemin d'âme, une responsabilité, un engagement humain qu'on renouvelle
chaque jour.
Alors j’ai décidé dans ma vie professionnelle sur feeminine de partager toutes vos difficultés, toutes mes difficultés aussi pour que chacun se rende compte du chemin que nous parcourons ensemble. Tout se fait ensemble parce que nous le décidons à deux, à trois ou à 200 sur feeminine chaque jour. Nous le décidons parce que nous avons compris que nous avions des affinités et cette même envie d’avancer pour être plus heureux chaque jour, pour améliorer notre quotidien et celui des gens qu’on aime, pour trouver notre équilibre dans cette période de profonde restructuration.
Merci à vous d’être là et de partager vos expériences personnelles. Acceptons de partager ce que nous vivons et ressentons, pour que notre voisin ne se sente pas isolé dans sa difficulté. Pour qu’il sache que quelqu’un est déjà passé par là et s’en est sortis grandi. Acceptons de nous voir comme des êtres humains et non comme des surhommes et femmes exceptionnelles. Dans le fond, oui nous le sommes, maintenant acceptons avec humilité d’enlever la carapace pour que ce fond remonte à la surface.
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